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ALENA : troisième jour de négociations à huis clos à Mexico

Sur fond de campagne électorale présidentielle, les discussions se poursuivent au Mexique entre les représentants canadiens, américains et mexicains réunis pour la deuxième ronde des négociations sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Une vingtaine de tables de pourparlers sont actives, et aucune ne semble avoir atteint de point de rupture, a appris l'envoyé spécial de Radio-Canada à Mexico, Jean-Michel Leprince.

Le contenu des négociations n’a pas été divulgué. Néanmoins, personne n’a encore quitté la table de négociation, d'après des sources mexicaines.

Le volet politique sera peut-être discuté à l’arrivée des ministres des trois pays, qui sont attendus à Mexico lundi.

« Les négociateurs s’en tiennent au niveau technique, en évitant toutes les considérations politiques. On veut garder ça pour plus tard », a mentionné notre journaliste.

Samedi, le président mexicain Enrique Peña Nieto a abordé les négociations de l'ALENA dans son discours annuel à la nation.

Il a rappelé l'objectif du Mexique de renforcer l'accord comme « instrument d’intégration régional avec la pleine certitude d’échange et d’investissements entre les trois pays », a rapporté notre journaliste.

Le président a aussi insisté sur le fait que la relation du pays avec les États-Unis « doit être fondée sur l'intérêt national et la protection de nos ressortissants mexicains ».

Ces négociations sont l'occasion de se tourner vers l'avenir, et de ne pas répéter les erreurs du passé, a ajouté le président mexicain dans une pique à son seul opposant politique, Andrés Manuel Lopez Obrador.

Ce dernier a tenu un rassemblement politique dimanche à Mexico, où il a entre autres attaqué l'ALENA. Il soutient que l’accord actuel ne protège pas les agriculteurs et dénonce le fait que les représentants des trois pays s'attaquent à l’énergie.

« On a attaqué entre autres le côté énergétique, qui est important pour le Mexique parce que jusqu’à présent, le pays ne participait pas, au sein de l’ALENA, à tout ce qui concerne l’énergie », a souligné Jean-Michel Leprince.

Andrés Manuel Lopez Obrador souhaite que son pays adopte une ligne plus dure et propose de reporter les négociations après les prochaines élections présidentielles qui auront lieu en juillet 2018 au Mexique.

Les conservateurs tendent la main... sous conditions

Au Canada, le Parti conservateur du Canada (PCC) s'est dit prêt à offrir un soutien non partisan au gouvernement libéral dans le cadre des négociations de l’ALENA, à la condition que les libéraux se concentrent sur certaines priorités et en délaissent d'autres.

Les priorités mises de l'avant par les conservateurs comprennent la création d'emplois, le maintien de l'accès aux marchés et le nivellement d'un terrain de jeu qui a permis au Mexique de bénéficier d'un avantage qu'ils jugent inéquitable en matière de main-d'œuvre.

À l'opposé, le porte-parole du PCC en matière d'Affaires étrangères, Erin O'Toole, a indiqué que son parti n’avait pas de temps à consacrer aux « signalements vertueux » sur les enjeux concernant les genres, les Autochtones et l'environnement, que le gouvernement a inscrit sur sa liste de priorités de négociations.

Si le gouvernement pousse ces priorités trop loin, les conservateurs retourneront en mode « bataille politique », a prévenu le porte-parole.

Les libéraux n'ont pas apprécié les commentaires de M. O'Toole, et ils l'ont fait savoir sur les réseaux sociaux.

« La protection de l'environnement dans le cadre d'un Accord de libre-échange nord-américain modernisé n'est pas une bagatelle, n'est pas un ''signalement vertueux'' », a écrit la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna sur sa page Facebook.

Le secrétaire principal du premier ministre Trudeau, Gerald Butts, a pour sa part rappelé que le nouveau chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, avait récemment dit que l'environnement et l'économie « allaient de pair ».

« Cela a duré une semaine. C'est encore le parti de Stephen Harper », a-t-il ajouté.

Les représentants des États-Unis, du Canada et du Mexique en sont à leur troisième jour de négociations à huis clos à Mexico, dans le cadre de la deuxième ronde de discussion qui se poursuit jusqu’au 5 septembre. Il y a deux semaines, ils étaient réunis à Washington, mais avaient reconnu que peu de progrès avait été fait.

Avec les informations de Jean-Michel Leprince

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