Appuyées par l'aviation russe, les forces du régime syrien ont bombardé vendredi les quartiers rebelles d'Alep, à la veille de la réunion importante sur la Syrie qui se tiendra samedi à Lausanne, en Suisse, pour tenter de rétablir le cessez-le-feu.

« La violence des raids démontre qu'il y a une décision russe pour prendre Alep-Est à n'importe quel prix », a souligné M. Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui ignore pour le moment le bilan des victimes.

Dans un entretien à un quotidien russe, le président syrien, Bachar Al-Assad, a affirmé qu'une victoire à Alep serait un tremplin pour ses forces armées afin de libérer d'autres territoires.

La Russie « n'attend rien » de Lausanne

Les États-Unis et la Russie, qui avaient suspendu début octobre leurs pourparlers sur un cessez-le-feu en Syrie, ont décidé de se rencontrer samedi à Lausanne.

La réunion entre les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et John Kerry, verra la participation des pays du Proche-Orient qui soutiennent les rebelles, comme la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que de l'Iran, allié de Bachar Al-Assad.

Cependant, la Russie s'est montrée sceptique quant à un possible accord. Elle se dit toutefois prête à assurer aux rebelles un retrait en toute sécurité d'Alep. Rien d'autre, a lancé M. Lavrov.

Le président Vladimir Poutine a ratifié un accord avec son homologue syrien sur le déploiement, « pour une durée indéterminée », des forces aériennes russes sur l'aérodrome militaire de Hmeimim, dans l'ouest de la Syrie, a annoncé vendredi le Kremlin.

Syrie : l'engrenage de la guerre

La France hausse le ton

La France, qui avait vu son projet de résolution sur la cessation des bombardements à Alep rejeté en raison du veto de la Russie, a rappelé, à quelques heures de la réunion de Lausanne, ses « exigences ». Paris veut un cessez-le-feu, l'acheminement immédiat de l'aide humanitaire et une négociation politique en vue d'une transition en Syrie.

« Nous appelons encore une fois avec force à la négociation politique pour la paix et ça passe par un préalable. Le préalable, c'est l'arrêt des bombardements », a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, à la sortie d'une rencontre entre M. Hollande et des associations engagées pour la paix en Syrie.

Le président russe, Vladimir Poutine, qui a annulé une visite à Paris la semaine prochaine en raison des conditions posées par François Hollande, a martelé que nul ne réussirait à « isoler » son pays dans la résolution du conflit syrien.

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