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Allégations contre un médecin de la GRC : des recrues « profondément effrayées »

Le service policier d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, dit avoir reçu 50 signalements, provenant de femmes et d'hommes, qui allèguent que des agressions sexuelles ont été commises par un médecin à l'emploi de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de 1981 à 2003.

Le médecin visé par ces allégations a travaillé à Bedford, dans la municipalité d’Halifax, et est aujourd’hui à la retraite.

Dans les derniers jours, la police de Toronto a elle aussi, après des allégations d’agressions sexuelles, ouvert une enquête sur un médecin à l’emploi de la GRC en Ontario.

Megan McPhee, une avocate qui représente dans une autre affaire des membres de la GRC victimes de discrimination, explique que ce qui est reproché au médecin en Nouvelle-Écosse est présumément arrivé « très tôt après l’embauche, lorsqu'il y a un déséquilibre potentiel dans le rapport de force entre un médecin et une femme qui poursuit son rêve de devenir agente de la GRC ».

Les incidents se seraient produits, dans plusieurs cas allégués, lorsque des recrues de la police fédérale subissaient des examens médicaux requis par la procédure d’embauche.

Ces présumées victimes devaient être « profondément effrayées », dit Mme McPhee, à l’idée que leur nouvel emploi puisse être mis en péril et leur carrière ruinée par une dénonciation.

Parmi certains membres de la GRC, le médecin de la région d’Halifax visé par les allégations avait reçu le surnom de « Dr. Fingers », ou « Dr Doigts » en français.

Mme McPhee explique que les présumées victimes ne croient pas qu’il y avait des raisons médicales justifiant certains examens vaginaux et rectaux qu’elles disent avoir subis. Elle cite en exemple une femme qui affirme avoir reçu « un examen de la prostate ».

Dans le cas du médecin de Toronto, des femmes « ont raconté que leurs seins ont été pelotés longuement, et il est difficile de reconnaître une nécessité médicale à ce genre d’examen. »

Enquêtes en cours

Carol McIsaac, porte-parole de la police de la Municipalité régionale d’Halifax, affirmait vendredi que 50 personnes avaient porté plainte contre l’ancien médecin de Bedford, une semaine après l’ouverture d’une enquête.

Dans le cas du médecin ontarien, la police de Toronto s’est bornée vendredi à dire qu’elle avait reçu « plus d’une » plainte.

Dans les deux cas, les enquêtes suivent leur cours et aucune accusation criminelle n’a été portée jusqu’à maintenant.

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