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Allégations de harcèlement sexuel à la prison d’Edmonton

Une enquête de CBC révèle que les femmes qui travaillent à l'Établissement à sécurité maximale d'Edmonton auraient été victimes de harcèlement sexuel et qu'elles auraient fait face à des menaces lorsqu'elles choisissaient de dénoncer les coupables. Ces menaces, parfois implicites, les viseraient elles et leurs familles. Dans certains cas, il s'agirait de menaces de mort.

Deux enquêtes ont été lancées et sept employés ont été suspendus sans salaire à l'Établissement d’Edmonton, un pénitencier fédéral à sécurité maximale. Service correctionnel Canada explique ces suspensions par ce qu’il qualifie d’allégations « très sérieuses » de harcèlement sexuel, d’intimidation et de gestes inappropriés de la part d’employés de la prison. Selon des sources, ces suspensions seraient aussi liées à des allégations d’agression sexuelle. Aucune accusation n’a pour l’instant été déposée.

Les nouvelles recrues visées en premier

Sept employés et ex-employés de l'Établissement d’Edmonton ont affirmé sous le couvert de l’anonymat qu’ils étaient au courant que des employés masculins faisaient du harcèlement sexuel, menaçaient et intimidaient des femmes travaillant à la prison. Ces hommes viseraient les en particulier les nouvelles employées. Les sources disent que ces pratiques se déroulent depuis des années. Une huitième personne qui avait accepté de témoigner s’est finalement désistée parce qu’elle craignait pour sa vie.

Les jeunes femmes nouvellement arrivées à la prison seraient les premières visées. Elles seraient victimes de harcèlement de la part de gestionnaires et d’employés masculins avec plus d’ancienneté. Selon des sources, ces hommes leur feraient des avances ou leur demanderaient des faveurs sexuelles. Toujours selon des sources, les femmes victimes de harcèlement faisaient tellement peu confiance au processus de dénonciation en place à Service correctionnel Canada qu’elles auraient choisi de demander un transfert ou de quitter la profession.

Les sources affirment que les gestionnaires ou les représentants syndicaux auprès desquels elles auraient dû dénoncer ces pratiques étaient souvent des amis des employés qui seraient responsables du harcèlement.

Des détenus utilisés comme armes

Le pénitencier d’Edmonton accueille certains des criminels les plus dangereux au Canada. Les gardes dépendent donc les uns des autres pour se protéger en cas de situation d’urgence ou lorsqu’ils escortent des détenus.

Certaines sources disent qu’il est pratique courante pour certains employés de laisser entendre qu’ils ne défendront pas une collègue si elle dénonce des cas de harcèlement.

Une autre pratique d’intimidation consisterait à emprisonner un gardien entre deux portes de sécurité pendant qu’il escorte un détenu d’une partie à l’autre de la prison. Lorsque la deuxième porte demeure verrouillée, le gardien se retrouve alors coincé dans un espace clos. Il est souvent alors accompagné d’un ou deux détenus. Une telle pratique est contraire aux règles de sécurité.

Le commissaire de Service correctionnel Canada, Don Head, s’est rendu à la prison d’Edmonton en septembre pour annoncer qu’une enquête criminelle et une enquête administrative étaient en cours dans cette affaire. Des cadres de la prison figurent parmi les sept employés suspendus.

L’enquête criminelle est menée par le Service de police d’Edmonton alors que l’enquête administrative a été confiée à la firme de consultants Persidia Security. Une ligne téléphonique de dénonciation anonyme a également été mise sur pied par Service correctionnel Canada.

Ce ne sont pas les premières allégations de harcèlement sexuel à viser l'Établissement d’Edmonton. En juin 2017, un rapport interne obtenu par CBC révélait l’existence d’une culture de la peur et de l’intimidation à la prison d'Edmonton.

Service correctionnel Canada a refusé d’accorder une entrevue au sujet de cette affaire. Par courriel, la porte-parole Véronique Rioux affirme ne pas vouloir nuire aux enquêtes en cours.

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