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Allemagne : Angela Merkel réélue présidente de la CDU avec 89,5 % des voix

Angela Merkel a défendu mardi sa candidature à un quatrième mandat de chancelière lors du congrès de la CDU à Essen, se présentant comme la garante d'une certaine stabilité dans un monde incertain, tout en durcissant ses positions sur l'islam et les réfugiés.

La dirigeante conservatrice a été réélue à la tête de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) avec 89,5 % des voix du millier de délégués réunis dans la ville de la Ruhr où elle a accédé il y a 16 ans à la présidence du parti conservateur. Elle avait été réélue il y a deux ans au même poste par 96,7 % des voix. Son plus bas score remonte à 2004, quand elle avait recueilli 88,4 %.

Dans un discours d'une heure et quart, salué par plus de dix minutes d'applaudissements, Angela Merkel a vanté son bilan, tout en refusant d'être présentée comme la dernière gardienne des valeurs démocratiques de l'Occident.

Personne, pas même quelqu'un muni d'une grande expérience, ne peut seul améliorer les choses en Allemagne, en Europe, dans le monde, et certainement pas le chancelier de l'Allemagne.

Angela Merkel

« 2016 n'a pas apporté plus de calme et de stabilité. Au contraire », a relevé la chancelière. « Nous sommes confrontés à un monde, en particulier depuis l'élection américaine, qui a besoin de se réorganiser, par rapport à l'OTAN et à la relation avec la Russie. »

Angela Merkel, qui est âgée de 62 ans, a annoncé le mois dernier qu'elle briguerait lors des législatives de septembre prochain un quatrième mandat de chancelière. Seuls deux chanceliers de l'après-guerre, Konrad Adenauer et Helmut Kohl, ont fait de même avant elle.

La chancelière a vu sa popularité s'éroder pendant la crise migratoire de l'an dernier qui a provoqué de vives tensions entre la CDU et son alliée bavaroise, la CSU, et a favorisé l'émergence du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD). Celui-ci devrait obtenir l'an prochain ses premiers sièges au Parlement fédéral.

« Le voile intégral n'est pas adapté ici »

Angela Merkel a entamé son discours en promettant qu'elle ne permettrait pas un nouvel afflux massif de migrants et de réfugiés tel que celui qu'a connu l'Allemagne en 2015, avec près de 900 000 arrivants sur son sol, une promesse très applaudie par les délégués.

Elle a également déclaré que le voile musulman intégral n'était pas compatible avec la culture allemande : « Ici, nous disons : montre ton visage. Le voile intégral n'est donc pas adapté ici. Il devrait être interdit à chaque fois que c'est légalement possible. »

La CDU a rejeté une telle interdiction il y a un an.

Popularité en hausse

La défaite dimanche du président du Conseil italien, Matteo Renzi, comme en France la décision de François Hollande de ne pas briguer un second mandat, renforcent sa stature de chef d'État la plus expérimentée d'Europe et de pôle de stabilité.

Depuis l'annonce le mois dernier de sa candidature à un quatrième mandat, les conservateurs ont vu leur popularité progresser. Un sondage de l'institut Emnid publié dimanche attribue à la CDU-CSU 37 % de soutiens, avec 15 points d'avance sur le Parti social-démocrate (SPD), son actuel allié de coalition.

Angela Merkel a toutefois souligné que la campagne en vue des législatives de l'an prochain serait beaucoup plus dure que ses précédentes campagnes, qu'elle s'inscrirait dans un monde polarisé, face à la menace de l'extrême droite et à la possibilité d'une coalition « rouge-rouge-verte » réunissant le SPD, le parti de gauche Die Linke et les Verts.

« Notre travail est d'être assez forts pour empêcher cela », a dit la chancelière.

L'élection de 2017 sera plus difficile que n'importe quelle élection précédente, au moins depuis la réunification allemande.

Angela Merkel

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