Personne ne peut vous répondre avec assurance, du tac au tac, qu'il est préférable de choisir l'une ou l'autre des options, taux fixe ou taux variable pour votre hypothèque. C'est complexe, il faut regarder vos finances personnelles, votre tolérance aux risques et le contexte économique. C'est une décision importante. Mais, bon, on a quand même 2 ou 3 choses à se dire sur ce sujet!

Une analyse de Gérald Fillion

Au moment où la Banque du Canada amorce un relèvement de son taux directeur, la décision que vous devez prendre pour renouveler votre hypothèque ou en contracter une nouvelle doit se faire en toute connaissance de cause.

D’abord, les économistes s’attendent à d’autres hausses du taux directeur de la Banque du Canada. Le taux est passé de 0,5 % à 0,75 % en juillet, puis à 1 % la semaine dernière. Plusieurs économistes prévoient au moins une autre hausse d’ici la fin de l’année, à 1,25 %. Deux hausses nous amèneraient à 1,5 %.

L’économiste et stratège en chef de la Banque Nationale Stéfane Marion disait à RDI économie mercredi dernier qu’il s’attend à ce que le taux directeur de la banque centrale passe de 1 à 2 % au cours de la prochaine année.

Les banques privées commerciales n’ont pas à suivre de façon automatique l’évolution du taux directeur. D’ailleurs, quand la Banque du Canada a baissé de 50 points de base son taux en 2015, les banques ont suivi avec des baisses plus modestes. Mais, dans la très grande majorité des cas, les institutions financières tendent à modifier leur taux préférentiel au même rythme que le taux directeur de la Banque du Canada.

Ainsi, mercredi dernier, elles ont annoncé une hausse de 25 points de base de leur taux préférentiel, passant ainsi de 2,95 % à 3,2 %.

Vous dormez mal?

Le taux préférentiel est au coeur des hypothèques à taux variable. Et puisque près du tiers des hypothèques sont à taux variable au Canada, ça veut donc dire qu’un nombre important de détenteurs d’hypothèque vont subir des hausses de paiement avec la croissance du taux directeur de la Banque du Canada et des taux préférentiels dans les banques.

Alors, sachez-le : si une hausse de paiement vous empêche de dormir, le taux variable n’est pas pour vous. Si vous ne pouvez pas supporter financièrement quelques centaines de dollars de plus à payer par année, ce n’est vraiment pas pour vous.

Les économistes de la Banque Laurentienne ont calculé, la semaine dernière, qu’un ménage qui a un solde hypothécaire de 235 000 $ devra payer 360 $ de plus sur une année à la suite d’une majoration de 25 points de base du taux directeur.

Taux variable : vous êtes gagnant à long terme

Plusieurs études rédigées par le professeur Moshe Milevsky, de l’Université York, nous montrent qu’historiquement, il est moins coûteux d’opter pour un taux variable que pour un taux fixe. De 1950 à 2007, dans 90,1 % du temps, le propriétaire moyen d’une hypothèque a payé moins d’intérêts avec un taux variable par rapport à un taux fixe. Il a calculé un gain moyen, sur une période de 15 ans, de plus de 20 000 $ par tranche de 100 000 $ d’emprunt.

Selon le site canadianmortgagetrands.com, vous devez vous poser 5 questions avant de faire votre choix :

  1. votre revenu est-il prévisible?
  2. en fonction de vos futurs paiements hypothécaires, votre niveau d’endettement est-il soutenable?
  3. pouvez-vous refinancer votre dette en fonction de la valeur de votre propriété?
  4. avez-vous des liquidités pour faire vos paiements pendant 6 mois advenant un coup dur?
  5. comprenez-vous qu’une hausse des taux de 2,5 points de pourcentage veut dire une hausse de 30 % de vos paiements?

N’oubliez pas que les taux fixes qu’on vous propose en ce moment vont vous amener à payer plus d’intérêt à court terme que si vous choisissiez le taux variable. Vous avez des chances d’être gagnants à moyen terme si le taux directeur monte de façon marquée. Mais, vous pourriez y perdre au change si la hausse est modérée et si le taux directeur repart à la baisse dans 2 ou 3 ans. Vous y aurez gagné possiblement en paix d’esprit, toutefois.

Il n’y a pas une seule bonne réponse. Ça dépend de vous, de vos capacités financières, de votre angoisse face à l’argent. Rappelez-vous, toutefois, comme nous le rappelait le conseiller en finances Fabien Major il y a quelques jours, que les banques ne perdront pas d’argent avec vous. Taux fixe ou taux variable, le vrai gagnant, c’est votre banquier!

sources : Vos questions sur l’économie, mortgageproscan.ca/fr, canadianmortgagetrends.

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