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Anju Dhillon, un nouveau visage de l'ère Trudeau

La jeune députée libérale est née et a grandi à Montréal, mais elle revendique pleinement ses racines sikhes. Nous l'avons rencontrée en décembre, alors qu'elle apprenait les rouages du métier.

Un reportage de Michel Labrecque à Désautels le dimanche

Anju Dhillon, 36 ans, est un des 197 nouveaux visages à la Chambre des communes depuis octobre dernier, un record historique. Elle représente une circonscription montréalaise complexe : Dorval-Lachine-LaSalle. On y trouve presque tout le spectre économique, des plus riches aux très pauvres, et une diversité ethnique impressionnante.

Anju Dhillon se prépare depuis longtemps à ce travail. Elle a commencé l'action politique à 13 ans, non pas à l'école, mais aux côtés de Paul Martin, député de LaSalle-Émard, qui a par la suite été ministre des Finances et premier ministre.

« Il y a toujours eu une petite bibitte dans ma tête qui me disait que je voulais faire ce travail », dit-elle en riant.

L'héritage

Anju est née et a grandi à LaSalle. Ses parents venaient tout juste d'arriver du Punjab, en Inde. Des gens scolarisés et de religion sikhe. Un héritage qu'Anju revendique pleinement. Elle peut passer des heures à vous expliquer que la religion sikhe est une des rares au monde à affirmer l'égalité des hommes et des femmes.

Vous ne serez pas surpris d'apprendre qu'elle a fait des études en sciences politiques à l'Université Concordia. Elle poursuit en droit à l'Université de Montréal. Résultat : Anju Dhillon devient la première avocate sikhe au Québec.

Elle s'ouvre un petit bureau d'avocats, tourné vers le droit social. Elle dit que sa destinée sur terre est d'aider les autres. Elle s'occupe notamment des gens d'origine indienne ou pakistanaise. Anju parle anglais, français, punjabi, hindi et ourdou.

Pour plus d'indépendance

Mais le virus de la politique est toujours là. Première tentative aux élections municipales de 2013 avec l'équipe de Denis Coderre. Elle perd par quelques dizaines de votes. Voilà qu'au scrutin fédéral, elle tente sa chance et surfe sur la vague Trudeau. Et son rêve se réalise.

Aux Communes, elle est devenue secrétaire parlementaire de la ministre de la Condition féminine, Patty Hadju. Elle dit vouloir rester proche des gens et a peur de perdre de vue les citoyens ordinaires. Voilà pourquoi elle compte tenir des journées portes ouvertes à son bureau de circonscription. Elle croit aussi que le député ne doit pas être une «  yes person  » du premier ministre. Elle compte sur une éventuelle réforme qui doit donner plus d'indépendance au député.

Voilà donc le début d'une aventure à suivre. Anju Dhillon aura aussi la chance de donner une image positive de la communauté sikhe, qui reste mal connue de la majorité francophone du Québec.

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