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Appel à la suspension de l'enquête sur les femmes autochtones

Femmes autochtones du Québec (FAQ) a demandé lundi une suspension jusqu'en septembre prochain des audiences de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées (ENFFADA), avant qu'elle n'aille de l'avant avec une éventuelle prolongation de deux ans.

Un texte de Laurence Niosi

« Les familles veulent que justice soit faite. [Et pour se faire], on doit ressortir les aspects juridiques », a affirmé la présidente de l’organisme, Viviane Michel, lors d’un point de presse à la Maison du développement durable, au centre-ville de Montréal.

Depuis le début des audiences, FAQ et de nombreuses familles militent pour une approche beaucoup plus judiciaire de l’enquête, qui irait au-delà des histoires individuelles et démontrerait des problèmes systémiques au sein des corps policiers et d'autres institutions.

L’organisme souhaite par exemple que des documents institutionnels, tel des rapports de police ou de coroner et des dossiers médicaux, soient fournis aux familles avant leur témoignage aux audiences. Ce n’était pas le cas, ajoute-t-il, lors des audiences de l’ENFFADA en sol québécois, à Maliotenam en novembre, puis à Montréal la semaine dernière.

L’ENFFADA prendrait ainsi plus la forme d’une « véritable » commission d’enquête. Et la commission, insiste Viviane Michel, dispose de « tous les moyens légaux » pour le faire.

Femmes autochtones du Québec souhaite ainsi une suspension des audiences de l’ENFFADA pour une période de cinq mois, ce qui permettrait à l’Enquête de consulter les organismes autochtones, de redéfinir son mandat et de se « restructurer », avant d’aller de l’avant avec une possible prolongation.

Début mars, l’ENFFADA a en effet demandé au gouvernement fédéral que son mandat soit prolongé de deux ans, soit jusqu'au 31 décembre 2020. Une telle prolongation doublerait pratiquement son budget initial de 54 millions de dollars.

Avant de rendre sa décision, la ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord, Carolyn Bennett, avait alors soutenu qu’elle examinerait la question avec ses homologues des provinces et des territoires, mais aussi avec les familles et les organismes autochtones.

Viviane Michel affirme avoir fait une demande de rencontre avec la ministre le 8 mars dernier - demande à laquelle elle n’a reçu aucune réponse pour le moment.

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