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Après avoir nagé pour survivre, une réfugiée syrienne veut nager à Rio

À l'été 2015, Yusra Mardini nageait pour sa vie et pour éviter le naufrage au bateau pneumatique sur lequel elle avait entrepris une périlleuse traversée en mer Égée. À l'été 2016, la nageuse syrienne se voit nager aux Jeux olympiques de Rio, dans l'équipe d'athlètes réfugiés du CIO.

Yusra Mardini a quitté Damas en août dernier, avec sa soeur aînée Sarah, autre espoir de la natation syrienne.

Sa famille avait déménagé à maintes reprises pour éviter de s'exposer aux combats et pour lui permettre de continuer de pratiquer son sport.

Mais la guerre s'est intensifiée et la résidence familiale a été détruite. Les Mardini ont alors choisi l'exil.

Yusra a quitté la Syrie avec Sarah avant le reste de la famille. Les deux soeurs ont rejoint le Liban puis la Turquie, où elles ont payé des passeurs pour les conduire en Grèce.

Leur première tentative de traversée en mer Égée a été interrompue par des garde-côtes, qui les ont ramenées en Turquie.

Elles ont retenté leur chance, dans un petit bateau pneumatique. Sur les 20 réfugiés à bord, seulement trois personnes savaient nager.

Une demi-heure après le départ au crépuscule, le bateau a commencé à prendre l'eau. Les passagers ont lancé leurs bagages à la mer pour jeter du lest, mais ce n'était pas assez pour assurer la flottaison.

Yusra et Sarah Mardini se sont jetées à l'eau avec le seul autre passager qui savait nager pour diriger le bateau à la nage jusqu'aux côtes grecques.

Elles ont passé trois heures et demie accrochées à l'embarcation avant d'atteindre l'île de Lesbos.

À travers l'Europe

Les soeurs Mardini ont parcouru l'Europe pendant des semaines après avoir touché terre en Grèce.

Elles se sont cachées dans des champs de maïs pour échapper aux policiers et atteindre la Hongrie depuis la Serbie. « Plusieurs personnes ont été arrêtées », se souvient Yusra.

En Hongrie, elles se sont fait donner et voler des vêtements et ont perdu d'importantes sommes d'argent pour des billets de train qu'elles avaient achetés, mais qu'elles n'ont pu utiliser parce que les autorités ont refusé de laisser partir des trains pleins de réfugiés.

Malgré tout, elles ont gardé le sourire, même quand elles se faisaient arrêter.

Les policiers s'expliquaient mal qu'elles puissent rire au moment de l'interpellation. « On leur disait qu'on ne pouvait pas avoir peur d'eux après avoir failli mourir en mer », relate Yusra Mardini.

Une rencontre marquante

Les deux soeurs ont finalement réussi à atteindre l'Autriche, puis l'Allemagne, leur destination.

Un traducteur égyptien qu'elles ont rencontré dans leur refuge de Berlin les a mises en contact avec un club de natation local, le Wasserfreunde Spandau 04.

Elles y ont rencontré l'entraîneur Sven Spannekrebs, avec lequel elles ont recommencé leur vie d'athlète.

Spannekrebs a tout de suite remarqué le talent de Yusra et est emballé par les progrès qu'elle a réalisés ces derniers mois, au point de penser qu'elle pourrait viser les Jeux olympiques dès 2016 et non en 2020, comme il le projetait d'abord.

La nageuse syrienne espère surtout être de l'épreuve du 200 m libre à Rio. « C'est la chance d'une vie, dit-elle. Je dois travailler fort. »

Le travail acharné, c'est tout ce qu'elle connaît dans sa nouvelle vie en Allemagne : en piscine, dans des installations construites pour les Jeux de Berlin en 1936, mais aussi à l'école.

Après tout ce qu'elle a vécu, elle est déterminée à réussir, inspirée par les histoires de ses compatriotes syriens qui, comme elle, ont choisi l'exil.

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