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Après Holguin, le pape se rend à Santiago de Cuba

Après avoir célébré une seconde messe en plein air à Holguin lundi, le pape François a poursuivi sa visite à Cuba en se rendant en fin d'après-midi à Santiago, grand port de l'est de l'île où Fidel Castro, entré triomphalement le 1er janvier 1959, a annoncé la mise en place d'un gouvernement révolutionnaire.

En soirée, le pape doit rencontrer les évêques cubains et se recueillir au sanctuaire de la Vierge de la Charité del Cobre, la sainte patronne de Cuba.

Mardi matin, le souverain pontife célébrera sa troisième messe, avant de s'envoler pour les États-Unis, où il sera accueilli par le président Barack Obama.

Le voyage de six jours du pape aux États-Unis sera de son côté marqué par un discours au Congrès jeudi, et une allocution devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le lendemain.

Holguin, l'appel au pardon

À Holguin, région natale des frères Castro, où aucun pape ne s'était jamais rendu, quelque 150 000 personnes s'étaient rassemblées sur la place de la Révolution pour assister à la messe donnée par le Saint-Père.

Dans l'assistance figurait notamment le président cubain Raul Castro, qui s'est engagé à assister à tous les offices célébrés par le pape. Le président Castro semble sous le charme du chef catholique, ayant même affirmé, à la blague, que ce pape allait le faire se remettre à prier.

François 1er, qui tente depuis son arrivée à Cuba de transmettre des messages de pardon et de réconciliation, a profité de la fête de Saint-Mathieu, soulignant l'oeuvre de ce percepteur d'impôt des Romains devenu apôtre de Jésus.

Il importe de se pardonner et de se réconcilier, a-t-il souligné, en faisant référence non seulement aux dissensions qui déchirent les Cubains qui habitent toujours l'île, mais aussi aux tensions qui divisent parfois les Cubains de l'île avec les exilés partis le plus souvent à Miami.

Le pape a aussi rendu hommage appuyé aux « efforts » et aux « sacrifices » de l'Église dans une société cubaine en pleine transition, en soulignant le travail des « maisons de mission [...] qui, face au manque de lieux de culte et de prêtres, permettent à de nombreuses personnes d'avoir un espace de prière, de catéchèse et de vie de communauté » catholique.

Le pape François s'est ensuite rendu sur le site de La Loma de la Cruz, où une croix de cinq mètres surplombe la région, et où il a béni la ville.

La Havane, conviviale

Le souverain pontife a passé les deux premières journées de sa visite à La Havane. Il a célébré une messe et rencontré le président Raul Castro et son frère Fidel. Cette dernière rencontre a été « très conviviale, fraternelle et amicale », a déclaré un porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.

Il semble par ailleurs clair que le pape n'aura pas l'occasion de rencontrer des dissidents politiques lors de sa visite. Des membres d'un groupe appelé les Dames en blanc auraient été invités à une rencontre de façon informelle, dimanche, à l'archevêché de La Havane, mais celle-ci a avorté pour des raisons nébuleuses. Le Vatican n'offre pas de réponses claires sur ce qui s'est passé.

Lors de la messe à La Havane, dimanche, trois dissidents ont aussi été arrêtés alors qu'ils tentaient de s'approcher du pape. Ils seraient d'ailleurs toujours détenus à l'heure actuelle.

Des opposants au régime communiste souhaitaient que le pape exprime son soutien aux dissidents cubains. 

Les autorités cubaines aimeraient pour leur part que le pape profite de son séjour pour dénoncer l'embargo commercial américain toujours en vigueur sur l'île. Aucune déclaration de ce genre n'a été faite jusqu'ici. 

Le pape est réputé avoir joué un rôle dans le rapprochement entre Cuba et les États-Unis, qui s'est notamment traduit par le rétablissement des relations diplomatiques et le retrait de Cuba de la liste des États qui soutiennent le terrorisme.

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