Les habitants de Saint-Martin, qui ont vu leur île presque entièrement détruite par l'ouragan Irma, ont dû faire face aux pillages et à la violence, mais la situation tend à se résorber tandis que les secours s'engagent dans une course contre la montre pour rétablir l'ordre avant l'arrivée de l'ouragan Jose.

« C'est le chaos total. Les gens là-bas me racontent des histoires de survie que je n'ai jamais entendues de ma vie », a affirmé à Radio-Canada le Montréalais Julien Arbia, dont les parents se trouvaient sur l'île lors du passage de l'ouragan.

La consternation du jeune homme trouve écho sur les réseaux sociaux, où les témoignages faisant état du désastre et réclamant davantage de secours pullulent.

Le premier ministre de l'endroit, William Marlin a assuré samedi soir que, si plusieurs pillages étaient survenus après le passage d'Irma, il y en avaient maintenant beaucoup moins.

Quelque 1600 touristes qui se trouvaient dans la partie néerlandaise de Saint-Martin ont été évacués, a aussi indiqué M. Marlin, ajoutant que les autorités tentaient de permettre le départ de 1200 autres.

Irma était classé de catégorie 5, la plus haute sur l'échelle de Saffir-Simpson, lorsqu'il a atteint l'île franco-néerlandaise.

Le bruit était comparable à celui du moteur d'un avion à réaction, selon les proches de M. Arbia. Il a raconté que ses parents et sa grand-mère ont à peine eu le temps de se réfugier dans la salle de bain de leur chambre d'hôtel avant que la fenêtre de la chambre n'explose.

Le gouvernement français estime que 95 % de l'île a été détruite par l'ouragan.

Les équipes de secours tentent de déblayer les rues et de porter assistance aux milliers de sinistrés qui cherchent encore des lieux où se réfugier, mais le défi est de taille.

En plus des habitations, presque toutes les infrastructures (hôpitaux, postes de police, etc.) ont été ravagées par le passage d'Irma. Des gens en sont réduits à renverser leurs congélateurs pour tenter de récupérer un peu d'eau, a souligné M. Arbia.

Dans ces conditions, la sécurité est difficile à assurer, et le chaos s'est installé à Saint-Martin. Des magasins ont été vandalisés par des pilleurs, et des résidents ont rapporté plusieurs braquages à leur domicile.

« L'atmosphère est sinistre. Des gens circulent armés », a reconnu le commandant de la marine néerlandaise, Peter Jan de Vin.

Les délinquants auraient aussi braqué et pillé le bureau des douanes françaises, y dérobant notamment des brassards de gendarmes et des armes, si bien que les gens ne savent plus à qui s'adresser pour demander de l'aide.

Craignant pour leur sécurité, de plus en plus de citoyens se sont procurés des armes pour se défendre.

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte avait reconnu plus tôt samedi que les pillages n'étaient toujours pas « sous contrôle » dans la partie néerlandaise de l'île, mais il a assuré que les autorités étaient prêtes à « prendre des mesures fortes » pour y parvenir.

Plus de 1000 personnes — des policiers, des pompiers, des médecins et des soldats — ont été déployées sur l'île afin de rétablir l'ordre et de porter secours à la population.

« Il y a un écart énorme entre ce que les gens là-bas me disent, et ce que les médias rapportent », a déploré M. Arbia.

« On parle de huit morts, mais la journée d'avant, on indiquait que 8000 personnes s'étaient réfugiées dans des abris. Ils sont où, maintenant, tous ces gens? Ça n'a pas de sens », a-t-il poursuivi.

Le dernier bilan officiel fait état d'au moins 22 morts dans les Caraïbes, mais les proches de M. Arbia parlent plutôt de 1000 morts.

État d'alerte maximal en vue de Jose

À l'approche de Jose, un ouragan de catégorie 4 à peine moins puissant qu'Irma, les îles caribéennes de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ont été placées en alerte « violette », le degré maximal.

Jose devrait frapper les îles dans la nuit de samedi à dimanche. Les prévisions font mention de vents allant jusqu'à des vitesses de 150 km/h, accompagnés de pluies torrentielles et d'imposantes vagues.

Les autorités locales ont appelé les gens « à ne sortir sous aucun prétexte ».

« Nous sommes encore en train d'enlever les débris » que les nouveaux vents violents risquent de transformer en « projectiles pouvant blesser ou tuer », a indiqué le commandant Jan de Vin.

Selon le commandant Jan de Vin, il serait « illusoire » de penser que Saint-Martin sera prête à temps pour affronter Jose.

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