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Après l'attaque en Syrie, Boris Johnson annule sa visite à Moscou

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a annoncé, samedi, qu'il annulait sa visite diplomatique prévue la semaine prochaine à Moscou après l'attaque au gaz chimique commise en Syrie et le bras de fer qui s'en est suivi au Conseil de sécurité de l'ONU.

Les « développements en Syrie » ont « fondamentalement changé la situation », a expliqué le chef de la diplomatie du Royaume-Uni par communiqué.

L’attaque à l’arme chimique qui a fait au moins une centaine de morts dans le nord de la Syrie, mardi dernier, a été imputée par l’Occident à Damas, qui a nié en bloc les allégations.

À contre-courant de Washington et de ses alliés, la Russie a plutôt montré du doigt des groupes rebelles syriens, soutenant que l’arsenal chimique leur appartenait.

M. Johnson devait se rendre le 10 avril prochain dans la capitale russe, mais le soutien indéfectible du Kremlin au régime de Bachar Al-Assad a changé la donne.

« La priorité est désormais de maintenir le contact avec les États-Unis et d'autres » en prévision des prochaines rencontres du G7, les 10 et 11 avril prochain, a-t-il indiqué.Le chef de la diplomatie britannique a dit souhaiter « construire un soutien international coordonné » afin de parvenir à un cessez-le-feu en Syrie.

La Russie devrait faire « tout ce qui est possible pour qu’un règlement politique ait lieu en Syrie et pour travailler avec le reste de la communauté internationale » afin que les évènements « choquants » des derniers jours ne se reproduisent plus, a-t-il fait valoir.L’ambassade russe au Royaume-Uni a réagi à l’annonce de M. Johnson en publiant sur Twitter la pièce Ouverture solennelle 1812 de Tchaïkovsky. « Boris Johnson annule sa visite à Moscou : une mise en scène pour un manque d’argument? », peut-on y lire.

En soutien à Washington

Dans la nuit du 6 avril, les États-Unis ont mené une frappe de 59 missiles visant un terrain d’aviation syrien, en riposte à l’attaque au gaz chimique. Le Royaume-Uni a joint sa voix à celle de l’Union européenne pour exprimer son soutien à Washington.

La Russie s'est empressée de dénoncer la frappe américaine et a répondu en suspendant un accord de coopération militaire avec les États-Unis sur la prévention des incidents aériens.

Malgré les tensions, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson prévoit toujours, de son côté, se rendre à Moscou, mardi prochain, pour rencontrer son homologue russe, Sergueï Lavrov.

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