L'hiver a repris ses droits après les températures douces de jeudi et vendredi. Une tempête balaie l'est du Québec et l'Atlantique à la suite de son passage sur le sud-ouest. Les conditions routières sont difficiles, notamment à cause d'une visibilité réduite par la poudrerie. Et dans les secteurs où la neige et la pluie ont cessé, c'est le froid qui devient de plus en plus mordant.

Le froid extrême s'installe en effet pour deux jours sur plusieurs régions de l'Ontario et du Québec.

« Le facteur de refroidissement éolien approchera -40 cette nuit et dimanche matin puis de nouveau dans la nuit de dimanche à lundi », avertit Environnement Canada sur son site web, à l'intention de nombreux secteurs. Ceux-ci vont en Ontario de Fort-Frances et Ignace à Kapuskasing et Timmins, puis au Québec de l'Outaouais et l'Abitibi-Témiscamingue au Saguenay–Lac-Saint-Jean et à la Côte-Nord, en passant par les Laurentides et la Haute-Mauricie.

Ce froid n'augure encore rien de bon pour les déplacements. Un porte-parole de Transports Québec, Louis Lalancette, rappelle que l'adhérence des pneus est grandement affectée pendant de grands froids. Il recommande aux conducteurs de réduire leur vitesse et de maintenir une plus grande distance entre leur véhicule et celui qui le précède.

Un système de basse pression a lentement traversé l'est du pays, samedi, apportant d'importantes précipitations.

La pluie s’était transformée en neige dès vendredi soir, à Montréal. Depuis, la grande région métropolitaine a reçu plus de neige que prévu, soit un total de 36 cm. La neige est tombée à un rythme de quatre à six centimètres par heure, selon la météorologue Julie Deshaies.

À Québec, environ 15 cm de neige devaient être tombés samedi, selon Environnement Canada.

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Appel à la prudence

Les conditions s'améliorent peu à peu sur le réseau routier, après une journée difficile.

La Sûreté du Québec (SQ) a fait état de dizaines de sorties de routes depuis vendredi soir, la plupart sans gravité. Le village de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, dans le Centre-du-Québec, a cependant été le théâtre d'une collision frontale qui a fait un blessé grave, alors que la visibilité était nulle et que la chaussée était glissante.

La chaussée est partiellement enneigée sur plusieurs tronçons des autoroutes 10, 20, 30 et 40. La poudrerie nuit parfois à la visibilité, surtout dans l'est.

Une trentaine d'autobus de la Société de transport de Montréal se sont enlisés dans la neige, samedi matin, ralentissant le transport en commun dans la métropole.

La SQ rappelle que la prudence est de mise sur les routes.

« Il faut être excessivement vigilant et ralentir la vitesse de notre véhicule, il faut aussi s'assurer de bien enlever la glace sur le pare-brise, afin de bien voir », a prévenu Hélène Nepton, porte-parole de la SQ.

À l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal, plus d'une centaine de vols ont été retardés et une cinquantaine d'autres ont été carrément annulés en raison de la tempête.

Le scénario était similaire à l'aéroport Jean-Lesage, à Québec.

Des rivières sous surveillance

La pluie et la neige ont augmenté les risques d'inondations dans plusieurs régions, notamment dans celle de la Capitale-Nationale et en Beauce.

La rivière Saint-Charles est notamment sortie de son lit, à Québec, et des dizaines de résidents du quartier Duberger-Les Saules ont dû être secourus.

À Beauport, la crue de la rivière Montmorency a forcé l’évacuation d’une douzaine de résidences vendredi soir.

Les rivières de la Montérégie et l'Estrie sont aussi particulièrement à risque de débordements, selon le porte-parole de Transports Québec, Christian Fortin. L'accès à d'importants tronçons du réseau routier a dû être fermé en raison d'inondations.

À Cookshire-Eaton, en Estrie, près de 70 personnes ont dû quitter brièvement leur domicile en raison d’un embâcle sur la rivière Eaton.

Un pont ferroviaire et une passerelle utilisée par les motoneigistes et les cyclistes se sont effondrés, dans le secteur de Bromptonville, en raison d'un autre embâcle, celui-là sur la rivière Saint-François.

Par ailleurs, un important tronçon de l’autoroute 55, en Estrie, qui avait été fermé dans les deux directions en raison des niveaux élevés de la Saint-François, a été rouvert. Au cours de la nuit, un automobiliste, dont la voiture était restée coincée sur la route inondée, avait dû être secouru par les pompiers et transporté à l’hôpital pour traiter une hypothermie.

La tendance à la hausse de la rivière Coaticook, à Waterville, a forcé les autorités à ouvrir les vannes du barrage, par mesure préventive.En Montérégie, une partie de la route 132 est fermée dans les deux directions à Dundee, en raison d'une inondation. Certains résidents ont dû être évacués du secteur.Le mouvement des glaces de la rivière Chaudière, près de Beauceville, demeure sous surveillance, tout comme le niveau de la rivière des Mille Îles, à la hauteur de Terrebonne, et des rivières Nicolet et Bécancour. Une inondation dans un quartier résidentiel du secteur Sainte-Gertrude, à Bécancour, s'explique d'ailleurs par un embâcle sur la rivière du même nom.

« Certains cours d’eau n’ont pas terminé leur hausse, notamment dans le Centre-du-Québec et en Beauce. Avec les températures plus froides à venir, ça devrait rentrer dans l’ordre », a indiqué Pierre Corbin, président et directeur des opérations chez Hydro Météo.

Pluies et pannes dans l'Atlantique

Les pluies abondantes et les vents forts ont causé bien des soucis dans l'Atlantique.

En début de soirée, plus de 20 000 foyers et entreprises étaient privés de courant dans l'ensemble des Maritimes, dont 1800 en Nouvelle-Écosse et 5400 au Nouveau-Brunswick.

Selon Énergie NB, des arbres sont tombés sur des lignes électriques.

Dans le sud du Nouveau-Brunswick, les précipitations ont dépassé les 50 mm à certains endroits. Des secteurs ont même fait état de précipitations de plus de 100 mm. La communauté de Mechanic Settlement a été arrosée de 129 mm de pluie, la quantité la plus élevée, entre vendredi soir et samedi soir.

Le vent a été si violent en certains endroits qu'il a emporté le toit de quelques maisons.

Le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et la côte sud de Terre-Neuve devaient aussi recevoir jusqu'à 50 mm de pluie.

Selon Environnement Canada, la capacité des sols gelés à absorber de tels déluges est réduite. Ce phénomène, combiné à un réchauffement anormal des températures, peut faire fondre rapidement la neige et causer des débordements.

Deux municipalités de Terre-Neuve-et-Labrador, Corner Brook et Humbert Arm South, ont déclaré l'état d'urgence. Des pluies torrentielles et la fonte des neiges y ont endommagé les infrastructures et saturé les systèmes de drainage.

Intoxication au monoxyde de carbone

« Presque à toutes les tempêtes, on va avoir quelques cas d’intoxication au monoxyde de carbone qui vont survenir », souligne le toxicologue Luc Lefebvre, qui profite de la tempête pour appeler les automobilistes pressés à plus de prudence.

« C’est une pratique simple, mais presque la majorité des gens font l’inverse, pour rentrer dans un habitacle chaud. Ça peut être très dangereux », prévient-il.

En partant le moteur avant de procéder au déneigement, les automobilistes activent la ventilation et le véhicule aspire tous les gaz d’échappement, explique M. Lefebvre.Comme le gaz est inodore, les concentrations dans l’habitacle montent rapidement sans qu’on ne le réalise.En plus des cas d’intoxication grave, l'inhalation de monoxyde de carbone peut entraîner des pertes de conscience et des maux de tête. Dans les cas plus graves, elle peut aussi mener au décès.

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