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Après le Brexit, l'Union européenne cherche des solutions

À Bruxelles, des divisions au sein de l'Union européenne sont apparues à l'occasion d'une première rencontre tenue mercredi en l'absence du premier ministre britannique David Cameron, dans la foulée du vote sur le Brexit, jeudi dernier.

La ligne de fracture oppose les pays fondateurs, dans l'ouest du Vieux Continent, qui favorisent une union plus étroite, tandis que les membres les plus récents, dans l'est, veulent plus de pouvoirs pour leurs gouvernements nationaux, notamment en ce qui concerne l'immigration et les frontières.

Le thème de l'immigration, central dans la campagne des partisans du Brexit, mobilise notamment la Hongrie et la Pologne, déjà braquées contre la décision de l'UE d'imposer des quotas de migrants à ses États membres.

La Pologne défend également cette approche. Son vice-premier ministre, Konrad Szymanski, plaide que des réformes en ce sens sont nécessaires « pour éviter une plus grande décomposition » de l'UE. À l'heure actuelle, dit-il, le marché commun « est la seule chose qui fonctionne bien dans l'Union européenne ».

La République tchèque et la Slovaquie font également partie de ces pays qui dénoncent l'influence de Bruxelles sur leur politique intérieure.

Paris, Berlin et Rome pour une « nouvelle impulsion »

L'Allemagne, la France et l'Italie, les trois poids lourds fondateurs de l'UE et principales économies de la zone euro, plaident pour leur part en faveur d'une « nouvelle impulsion » pour le projet européen, mais les contours de ce projet demeurent flous.

Les dirigeants de ces trois pays se sont brièvement consultés mercredi en petit comité. Paris et Berlin ne semblent pas tout à fait sur la même longueur d'onde, ce qui s'explique en partie par le fait que Mme Merkel veut éviter de froisser les pays de l'Est.

Autre signe de division : le premier ministre belge Charles Michel a carrément plaidé pour une « Europe à plusieurs vitesses », tandis que son homologue luxembourgeois, Xavier Bettel, a mis ses partenaires en garde contre « l'idée de faire des petits clubs ».

La présidente de la Lithuanie, Dalia Grybauskaite, affirme également que l'Europe doit se « réveiller » dans la foulée du Brexit. « Nous devons écouter les gens », notamment au sujet de l'immigration et la croissance économique, a-t-elle dit.

La suite des discussions en Slovaquie en septembre

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a d'ailleurs constaté que la rencontre de mercredi ne constituait qu'un « premier échange », qui n'a pas permis de « tirer des conclusions » claires sur l'avenir de l'UE. La « réflexion » des 27 se poursuivra le 16 septembre, à Bratislava, a-t-il annoncé.

M. Tusk assure que les 27 veulent que le Royaume-Uni demeure « un partenaire proche », mais réitère qu'« il n'y aura pas de marché unique à la carte » au bénéfice de Londres.

Selon lui, les dirigeants « ont clairement dit que l'accès au marché unique nécessite d'accepter les quatre libertés » de circulation fondamentales de l'UE, qui concernent les biens, les services, les capitaux et les personnes.

Le président français François Hollande a aussi martelé cet élément. « Il ne peut pas y avoir de dérogation. On ne peut pas prendre trois libertés et en écarter une quatrième, notamment la liberté de circulation », a-t-il noté, en ajoutant qu'il fallait également contribuer financièrement à l'UE.

Les Européens ne toléreront « aucune exception » à cette règle, a aussi déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

De tels partenariats ont déjà été conclus avec la Norvège et la Suisse, qui ne sont pas membres de l'UE. Les deux pays respectent les règles de liberté de circulation et contribuent au budget de l'UE, même s'ils n'y sont pas représentés.

La clause de retrait doit être évoquée en septembre, dit Hollande

M. Hollande a aussi appelé le Royaume-Uni à invoquer la clause de retrait de l'Union européenne - l'article 50 du Traité de Lisbonne - « au début du mois de septembre », soit après la formation d'un nouveau gouvernement. 

« Aussitôt ce nouveau gouvernement est-il formé, aussitôt doit-il déposer sa demande de notification », a-t-il déclaré.

Depuis le Brexit, de nombreux dirigeants européens, dont la chancelière allemande Angela Merkel, ont souligné qu'aucune négociation ne pouvait avoir lieu avant que le Royaume-Uni n'ait agi de la sorte.

Devant le Parlement, mercredi, David Cameron a néanmoins estimé mercredi que son successeur pourrait commencer à discuter avec l'Union européenne des conditions de sortie du Royaume-Uni avant même que l'article 50 ne soit activé

« Ils ont dit "pas de négociation sans notification", mais je ne crois pas que cela exclut les discussions qu'un nouveau premier ministre peut avoir avec ses partenaires ou avec les institutions pour que nous repartions du bon pied », a-t-il dit.

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