Retour

Après le redoux, une tempête hivernale s'amène

Après avoir vu la température se réchauffer jeudi et vendredi, l'hiver reprend ses droits. Des avertissements de tempêtes hivernales sont en vigueur pour l'ensemble du sud du Québec et certaines régions ontariennes. Les conditions routières sont extrêmement difficile et les autorités demandent aux gens de rester à la maison dans la mesure du possible.

En soirée vendredi, à Montréal, la pluie en journée s’est transformée en neige. On attend des accumulations de 10 à 15 centimètres. La neige parfois forte et la poudrerie devraient cesser en après-midi samedi.

Même constat du côté de la ville de Québec, où environ 15 centimètres de neige devraient tomber d’ici samedi soir, selon Environnement Canada.

La tempête poursuivra ensuite son chemin vers le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, qui ont déjà été durement touchés la semaine dernière par une autre tempête. On prévoit des conditions verglaçantes dans la nuit de vendredi à samedi et de 15 à 30 centimètres de neige samedi, le tout accompagné de poudrerie.

En Ontario, on attend plutôt 5 à 10 centimètres de neige, avec des accumulations de 15 centimètres par endroit.

À l’aéroport Montréal-Trudeau, plus d'une centaine de vols ont été retardés et près de 45 vols ont été annulés en raison de la tempête. La situation devrait revenir à la normale aux alentours de midi, selon des informations obtenues par Radio-Canada.

Appel à la prudence

Les conditions sont difficiles sur l'ensemble du réseau routier, prévient le ministère des Transports et la Sûreté du Québec (SQ). On signalge plusieurs sorties de routes depuis vendredi soir, mais aucun blessé grave.

La chaussée est enneigée et la visibilité est réduite sur plusieurs tronçons des autoroutes 20, 40 et 10. Elle est même nulle sur la 20, dans le secteur de Montmagny.

La route 175, dans la Réserve faunique des Laurentides, est aussi à déconseiller, de Stoneham vers L'Étape.

La SQ rappelle que la prudence est de mise sur les routes, la combinaison de la neige et des vents vifs pouvant réduire la visibilité.

« Il faut être excessivement vigilant et ralentir la vitesse de notre véhicule, il faut aussi s'assurer de bien enlever la glace sur le pare-brise, afin de bien voir », a prévenu Hélène Nepton, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Même discours du côté d’Urgences-santé, qui recommande d’éviter le plus possible les déplacements à l’extérieur.

« Depuis minuit, on a déjà reçu plus de 200 appels », a indiqué en entrevue à RDI Benoit Garneau, chef aux opérations chez Urgences-santé. Les interventions des équipes paramédicales sont ralenties par les mauvaises conditions météorologiques.

Plusieurs rivières sous surveillance

La pluie et la neige ont augmenté les risques d'inondations dans plusieurs régions du Québec, notamment dans la Capitale-Nationale et en Beauce. La Montérégie et l'Estrie sont particulièrement à risque de débordements de rivières, selon Christian Fortin, porte-parole de Transports Québec. L'accès à d'importants tronçons du réseau routier a dû être fermé en raison d'inondations.

À Beauport, la crue de la rivière Montmorency a forcé l’évacuation d’une douzaine de résidences vendredi soir. Toutes les rivières de la région de Québec ont par ailleurs été placées sous surveillance.

À Cookshire-Eaton en Estrie, près de 70 personnes ont dû quitter leur domicile en raison d’un embâcle sur la rivière Eaton.

L’accès à un important tronçon de l’autoroute 55 en Estrie, qui avait été fermé dans les deux directions en raison des niveaux élevés de la rivière Saint-François, a été rouvert. Au cours de la nuit, un automobiliste, dont la voiture est resté coincée sur une portion de la route qui avait été inondée, a dû être secouru par les pompiers et transporté à l’hôpital pour traiter une hypothermie.

À Windsor, les inondations ont forcé la fermeture partielle de l’autoroute 143.

La tendance à la hausse de la rivière Coaticook, à Waterville, a forcé les autorités à ouvrir les vannes du barrage, par mesure préventive.En Montérégie, la route 132 est fermée dans les deux directions à Dundee, en raison d'une inondation. Certains résidents ont dû être évacués du secteur.Le mouvement des glaces de la rivière Chaudière, près de Beauceville, est toujours sous surveillance, tout comme le niveau de la rivière des Mille Îles, à la hauteur de Terrebonne, et des rivières Nicolet et Bécancour.

« Certains cours d’eau n’ont pas terminé leur hausse, notamment dans le Centre-du-Québec et en Beauce. Avec les températures plus froides à venir, ça devrait rentrer dans l’ordre », a indiqué Pierre Corbin, président et directeur des opérations chez Hydro Météo.

Froid extrême et pluie verglaçante

Outre dans le sud du Québec et le nord de l’Ontario, des avertissements de froid extrême et de pluie verglaçante ont été lancés par Environnement Canada en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et dans les Maritimes.

Sur un pied d'alerte, la société Énergie Nouveau-Brunswick s'est dite prête à intervenir en cas de panne.

Face à un risque d'avalanche accru, les skieurs sont priés d'éviter les Rocheuses dans l'ouest du pays.

Intoxication au monoxyde de carbone

« Presqu’à toutes les tempêtes, on va avoir quelques cas d’intoxication au monoxyde de carbone qui vont survenir », souligne le toxicologue Luc Lefebvre, qui profite de la tempête pour appeler les automobiles pressés à plus de prudence.

« C’est une pratique simple, mais presque la majorité des gens fait l’inverse, pour rentrer dans un habitacle chaud. Ça peut être très dangereux. », prévient-t-il.

En partant le moteur avant de procéder au déneigement, les automobilistes activent la ventilation et le véhicule aspire tous les gaz d’échappement, explique M. Lefebvre.Comme le gaz est inodore, les concentrations dans l’habitable montent rapidement sans qu’on ne le réalise.En plus des cas d’intoxication grave, l'inhalation de monoxyde de carbone peut entraîner des pertes de conscience et des maux de tête. Dans les cas plus graves, elle peut aussi mener au décès.

Plus d'articles

Commentaires