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Après une accalmie, les bombardements reprennent et font au moins 5 morts à Alep

Dans les quartiers est d’Alep, où les rebelles sont encerclés depuis des semaines, l’aviation syrienne a mené plusieurs raids et largué des barils d’explosifs sur des quartiers résidentiels. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les attaques ont fait au moins cinq morts dans les quartiers de Massaken Hanano et de Sakhour. Dans ce dernier quartier, l’Agence France-Presse recense six raids et deux barils d’explosifs largués par hélicoptère.

L’OSDH, qui suit la situation depuis Londres avec un réseau d’informateurs en Syrie, a aussi signalé des frappes dans les quartiers de Haïdariya, de Cheikh Faris, de Bab al-Naïrab, de Kadi Askar et d’Al-Katerdji.

Selon lui, l’aviation syrienne frappe des quartiers tenus par le Front al-Cham, nouvelle dénomination adoptée par le Front al-Nosra depuis sa rupture annoncée avec le réseau Al-Qaïda.

Un journaliste de l’agence soutient que, pour la première fois, des avions survolant Alep utilisent des leurres pour ne pas être touchés par des missiles sol-air.

« Nos maisons sont secouées par le souffle [des explosions]. Des avions nous survolent et les bombardements ont lieu autour de nous », rapporte un résident d’Alep-Est joint par Reuters. « Les gens ont peur. Les bombardements sont intenses », rapporte un autre militant dans des messages textes envoyés à Associated Press.

Citant des« sources spéciales », la télévision d’État syrienne soutient que l’aviation syrienne a visé des bastions terroristes et des dépôts de matériel situés dans la vieille ville d’Alep. Un reporter de la télévision d’État posté dans l’ouest d’Alep, sous contrôle gouvernemental, affirme par ailleurs que l’armée syrienne s’apprête à attaquer la ville à neuf endroits.

Les Nations unies condamnent les violences

L’ONU a adopté une résolution pour condamner les violences croissantes à l’égard des civils et le recours aux armes chimiques. La résolution, qui appelle également à un cessez-le-feu, n’est pas contraignante et fera l’objet d’une étude plus détaillée en décembre prochain.

La résolution, présentée par l’Arabie saoudite, a été adoptée à par 116 voix pour, 15 contre et 49 abstentions. Parmi les pays qui s’y sont opposés, on compte la Russie et l’Iran, des alliés du gouvernement de Bachar Al-Assad. Le représentant russe a argué que la résolution ne visait que le régime syrien en faisant fi « des exactions commises par les terroristes ».

Le représentant syrien a pour sa part affirmé que le régime saoudien « devrait être le dernier à parler des droits de l'homme ».

Le porte-avions russe Amiral Kouznetsov entre en action

L’armée russe bombarde pour sa part d’autres positions tenues par des opposants au régime de Bachar Al-Assad à Idleb, dans le nord-ouest, et à Homs, dans le centre, a indiqué le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, lors d'une réunion avec le président Vladimir Poutine et l'état-major.

« Pour la première fois de l'histoire de la flotte russe, le porte-avions Amiral Kouznetsov a pris part à des opérations armées », faisant décoller des avions de chasse Su-33, a-t-il déclaré.

La flotte russe du Nord, composée de l'Amiral Kouznetsov, du croiseur de bataille Piotr Veliki, des deux grands navires anti-sous-marins Severomorsk et Vice-amiral Koulakov et d’autres navires de soutien, est arrivée en Méditerranée il y a quelques jours.

Selon le ministre Choïgou, la frégate russe Amiral Grigorovitch, attachée à la flotte de la mer Noire, a aussi tiré des missiles de croisière Kalibr. D’autres missiles ont été lancés depuis un dispositif terrestre mobile.

« Nous avons procédé à une recherche avancée et complète de toutes les cibles. Il s'agit de dépôts de munitions, de centres d'entraînement et d'ateliers terroristes », a assuré le ministre Choïgou.

Les bombardements vont se poursuivre, a-t-il ajouté.

Un militant du groupe Jund al-Aqsa a déclaré dans une entrevue téléphonique à Associated Press que les frappes s’abattant sur Idleb sont « beaucoup, beaucoup, beaucoup plus intenses que les précédentes ».

Les frappes russes ont été lancées quelques heures à peine après que le président russe Vladimir Poutine se fut entretenu au téléphone avec Donald Trump. L'équipe du président désigné des États-Unis a fait savoir qu'elle entendait nouer des « relations fortes et durables avec la Russie et avec le peuple russe ».

Dans une entrevue accordée vendredi au Wall Street Journal, M. Trump a laissé entendre que les États-Unis devraient se concentrer sur la lutte contre le groupe armé État islamique en Syrie et abandonner leur soutien aux rebelles dits modérés.

Situation alimentaire catastrophique

Après cinq ans de guerre, la production alimentaire en Syrie a atteint sont point le plus bas, s’alarment l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (WFP). « L'insécurité croissante et les conditions météorologiques défavorables dans certaines parties du pays ont continué à entraver l'accès à la terre, au matériel agricole et aux marchés », indiquent-ils dans un communiqué commun.

Selon une mission d’évaluation que la FAO et le WFP ont menée en août, les agriculteurs syriens n’ont planté que 900 000 hectares de blé l’an dernier, ce qui leur a permis d'en récolter 1,5 million de tonnes. Avant la guerre, ils semaient du blé sur 1,5 million d’hectares et en récoltaient 3,4 millions de tonnes.

Comble de malheur, les agriculteurs souffrent aussi d'un accès difficile à des semences de qualité, à des engrais, à des machines ou encore au carburant nécessaire au fonctionnement des pompes et des tracteurs. Ils ont aussi pâti des faibles précipitations et de la destruction de précieuses infrastructures d'irrigation.

Autre conséquence du conflit, les éleveurs éprouvent des difficultés à nourrir leur bétail pour des raisons économiques, mais aussi d'accès à la terre et à l'eau, ce qui a conduit nombre d'entre eux à vendre ou à abattre leurs moutons, leurs chèvres et leur volaille, indiquent la FAO et le WFP. « Il y a aujourd'hui 30 % de bovins en moins, 40 % de moutons et de chèvres en moins et un déclin sidérant de 60 % de volaille, traditionnellement la source de protéines la plus abordable dans le pays », estiment les deux organismes.

« Près de 80 % des ménages de la Syrie doivent affronter le manque de nourriture ou d'argent pour en acheter, et la situation ne va qu'empirer si nous ne parvenons pas à soutenir les agriculteurs », prévient le directeur général adjoint de la FAO, Abdessalam Ould Ahmed.

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