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Arabes, musulmans, islamistes : un lexique pour s’y retrouver

À la suite des attentats terroristes de vendredi à Paris, les conversations se multiplient, que ce soit en personne ou sur les réseaux sociaux. Quelquefois, des termes bien différents sont utilisés comme synonyme. Voici quelques pistes pour éviter les amalgames.

1. Les Arabes ne sont pas tous musulmans

Le monde arabe regroupe une vingtaine de pays de la péninsule arabique, du Proche-Orient et du nord de l'Afrique. Ils partagent entre autres l'arabe comme langue officielle ou co-officielle. L'islam est aussi la religion prédominante dans ces pays, mais ce n'est pas la seule. Certains Arabes sont chrétiens et d'autres juifs.

D'ailleurs, le monde arabe comprend de nombreuses minorités ethniques et culturelles.

2. La majorité des musulmans ne vivent pas dans le monde arabe

Les fidèles de l'islam sont appelés des musulmans. En 2010, ils représentaient près du tiers de la population mondiale, soit environ 1,6 milliard de personnes.

Apparu en Arabie au VIIe siècle, l'islam s'est répandu en Afrique, mais également en Asie. De nos jours, seulement une minorité des musulmans vivent dans le monde arabe. L'Indonésie, l'Inde et le Pakistan sont les pays regroupant le plus grand nombre de musulmans dans le monde.

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Tout comme pour la chrétienté, l'islam a connu avec le temps des conflits idéologiques et des schismes. Ces confrontations ont engendré des courants religieux, dont les deux principaux : le sunnisme et le chiisme.

3. Les sunnites et les chiites

La mort du prophète Mahomet, en 632, mène à une guerre de succession au sein de cette religion. Les futurs sunnites lui choisissent comme successeur Abou Bakr, un compagnon de Mahomet, qui deviendra le premier calife. Depuis, les sunnites ont toujours été le courant majoritaire. Ils représentent environ 80 % des musulmans dans le monde.

De leur côté, les chiites ont préféré Ali, gendre de Mahomet, comme son successeur. Cela a engendré une guerre entre les deux courants pendant deux générations. Des tensions persistent encore aujourd'hui.

En Iran, en Irak, en Azerbaïdjan et au Bahreïn, les chiites sont majoritaires. Ils sont aussi plus nombreux que les sunnites au Liban. Dans le monde, les chiites représentent 15 % des musulmans. En plus de ces deux grands courants majoritaires, d'autres sont minoritaires comme les alaouites, en Syrie, ou encore les druzes, qui sont dispersés au Proche-Orient.

4. Islamique, islamisme et islamistes?

L'adjectif islamique qualifie simplement ce qui est relatif à l'islam.

Quant à l'islamisme, ses définitions sont multiples, mais plus généralement, ce terme réfère à un mouvement politique qui prône l'adoption de concepts de l'islam dans la gouvernance d'un État, notamment en imposant la charia comme loi fondamentale.

Ceux qui sont membres de ce mouvement sont des islamistes. Ils peuvent être modérés, mais la plupart sont conservateurs et ils s'opposent aux principes de la laïcité. Les réflexions autour de l'islamisme ont servi à des mouvements radicaux et dans certains cas, terroristes, qui prônent la violence pour instaurer un État. C'est le cas de Boko Haram ou du groupe armé État islamique, deux groupes intégristes qui s'attaquent entre autres à des musulmans.

5. Et les djihadistes

Certains choisissent la violence pour faire avancer leurs projets. Ces djihadistes commettent des crimes au nom d'un islam fortement radicalisé. D'ailleurs, les attaques et les actions du groupe armé État islamique sont régulièrement dénoncées par différents représentants de la communauté musulmane.

6. Les racines de l'intégrisme, du fondamentalisme et le salafisme

Le terme intégrisme est apparu en France dans les milieux catholiques un peu avant la Première Guerre mondiale. Les catholiques plus progressistes, qui prônaient une religion plus moderne, qualifiaient les traditionalistes d'intégristes. L'intégrisme, au sens religieux, c'est la défense de l'intégralité de la foi, de la doctrine ainsi que de la tradition. 

De son côté, le fondamentalisme est une tendance religieuse conservatrice qui défend une conception intransigeante de la religion, un retour à ses fondements. C'est aux États-Unis qu'est né le terme fondamentalisme dans le milieu protestant au début du XXe siècle. 

Quant au salafisme, c'est un courant sunnite qui prône un retour aux sources de l'islam, celui de l'époque du prophète et de ses premiers ancêtres. Des groupes islamistes se réclament du salafisme, c'est le cas du groupe armé État islamique ou encore de Boko Haram. Cette mouvance djihadiste, associée à certains terroristes, reste très minoritaire. La majorité des salafistes sont non violents et critiques envers le djihadisme.

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