Près de la moitié des couples ne parlent pas de finances. La gestion de l'argent est souvent un sujet qui rend mal à l'aise.

Un texte de Solveig Miller de Remue-ménage

Les couples ne gèrent pas tous l’argent de la même manière, mais selon une étude de la sociologue Hélène Belleau, il existe deux grandes logiques: la mise en commun des revenus et le partage des dépenses. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients.

Après cinq ans de vie commune, Fanny et Pierre-Samuel se sont mariés. Leur vie vient de changer : ils ont maintenant une maison et un bébé. Leur rapport à l’argent a aussi changé.

Dans le couple, parler d’argent est souvent tabou.

En parler ou pas?

Cette réalité explique peut-être pourquoi 4 couples sur 10 ne discutent pas de leurs finances. C’est ce que révèle l'étude menée par la sociologue Hélène Belleau.

Fannie est en congé de maternité. Une pause professionnelle d’un an pour cette spécialiste de campagnes de collectes de fonds institutionnels, qui gagne très bien sa vie. De son côté, Pierre-Samuel entreprend une toute nouvelle carrière de chasseur de têtes dans le secteur du multimédia. Il est présentement le seul soutien de famille.

Au début de leur relation, Fannie et Pierre-Samuel payaient les dépenses communes moitié-moitié.

Différentes méthodes

Il existe plusieurs modes de partage des revenus et des dépenses. Pour 2 couples sur 10, c’est moitié-moitié, indépendamment des écarts de revenus. Comme le faisaient au début Fannie et Pierre-Samuel. C’est souvent le cas pour les jeunes couples.

La moitié des couples utilisent la méthode du revenu familial, c’est-à-dire la mise en commun de tous les revenus, tant pour les dépenses du ménage que pour les dépenses personnelles.

Avec le temps, comme beaucoup de couples, ils ont adapté leur gestion financière à leur réalité.

Pierre-Samuel explique : « On a décidé d’établir un système dont on est fier. On met tous nos revenus ensemble et on se garde un pourcentage au prorata de nos salaires pour nos dépenses personnelles. »

En fait, 2 couples sur 10 gèrent ainsi leurs finances. C’est-à-dire en fonction des revenus de chacun. Mais qu’importe la méthode utilisée, l’enquête d'Hélène Belleau conclut que les deux conjoints devraient investir pour l'avenir.

Et 1 couple sur 10 prévoit une allocation domestique, soit un montant au conjoint qui s’occupe de la maison.

Ce qui est important, c’est de ne pas juste compter l’argent. Il faut aussi compter le temps. Le temps qui a été mis, par exemple, dans la vie familiale, pour prendre soin des enfants ou d’un parent qui est en perte d’autonomie.

Union libre ou mariage

La moitié des conjoints en union libre croient à tort avoir les mêmes droits en cas de rupture que ceux qui sont mariés.

En fait, en cas de séparation, le conjoint marié le plus pauvre a droit à une pension alimentaire. Ce n’est pas le cas pour le conjoint de fait. La confusion viendrait du fait que les lois sociales et fiscales traitent de la même façon tous les couples.

« Si Monsieur est le seul propriétaire de la maison, Madame ne pourra pas en réclamer la moitié, même si elle a contribué aux paiements de l’hypothèque, explique la notaire Mélanie Guignard. En cas de décès, le conjoint de fait n’hérite pas. Les gens aussi ont de la misère à se le rentrer dans la tête, on n’insistera jamais assez là-dessus, mais aux termes du Code civil, les conjoints de fait n’ont pas de droits. Ce sont des étrangers. »

Moins de 1 couple sur 10 vivant en union libre a signé un contrat de vie commune, et, au Québec, c'est près de la moitié des couples qui vivent en union libre.

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