L'idée selon laquelle la religion est source de valeurs morales pour ceux qui la pratiquent ne résiste pas aux résultats d'une étude américaine selon laquelle la foi ne rime pas toujours avec altruisme.

Publiée dans la revue Current Biology, l'étude a été menée auprès de 1170 enfants âgés de 5 à 12 ans dans six pays, dont le Canada, les États-Unis, la Chine, la Jordanie, la Turquie et l'Afrique du Sud. Elle a été financée par la fondation américaine d'inspiration chrétienne John Templeton.

Les chercheurs, menés par Jean Decety, concluent que leurs observations « remettent en question le fait que la religion serait vitale pour le développement moral, et appuient l'idée que la sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine - en fait, elle fera tout le contraire ».

Pour parvenir à ce constat, ils ont d'abord demandé aux parents des enfants d'évaluer le degré d'empathie et de sensibilité à l'injustice de leur progéniture. Les niveaux estimés par les chrétiens et les musulmans étaient plus élevés que ceux des parents non croyants.

Les enfants ont été ensuite soumis à deux tests. Le premier consistait à montrer aux enfants des vidéos mettant en scène d'autres petits qui se faisaient trébucher, délibérément ou pas. Il leur est ensuite demandé de proposer le niveau de « méchanceté » et celui des punitions dont seraient passibles les « coupables ».

Résultat : les enfants religieux étaient plus enclins à voir des gestes répréhensibles dans les vidéos visionnées - peu importe leur caractère intentionnel ou pas. Ils avaient également tendance à suggérer des sanctions plus sévères que les athées.

Les participants ont été aussi appelés à jouer au « jeu du dictateur », connu des économistes et utilisé notamment pour mesurer le degré de générosité. Ils avaient à choisir 6 autocollants parmi les 30 qui leur étaient proposés, avant qu'on leur demande s'ils sont disposés à en offrir à d'autres enfants qui n'en ont pas eus.

Les chercheurs ont d'abord observé que plus l'enfant est âgé, plus il a une propension au partage (un phénomène observé par d'autres études). Ils ont en outre constaté que les athées étaient plus généreux que les religieux.

Comment expliquer ce phénomène? Les auteurs de l'étude avancent l'hypothèse de la « licence morale ». Jean Decety explique que les pratiquants croyants se permettent « inconsciemment » quelques pêchés d'égoïsme, partant du principe que la religion dans laquelle ils baignent est un gage de bonté.

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