Ce n'était qu'une question de temps avant qu'Edmonton soit la cible d'attentat terroriste, croient de nombreux experts en sécurité internationale qui ne se déclarent pas surpris par les événements survenus dans la nuit de samedi à dimanche.

La capitale albertaine avait été identifiée comme un terreau fertile pour la radicalisation par le gouvernement canadien, selon l’expert en sécurité internationale à l’Université MacEwan, Jean-Christophe Boucher.

Plusieurs jeunes originaires de la capitale albertaine se sont engagés comme combattants étrangers au sein du groupe armé État islamique (EI).

Il y a deux ans, le groupe islamiste radical somalien Al-Shabab avait également publié une vidéo dans laquelle il encourageait les « moudjahidines de l'Occident » à cibler des centres commerciaux à travers le monde. Il citait notamment le West Edmonton Mall, un des plus grands centres commerciaux en Amérique du Nord.

Selon le professeur en science politique à l’Université Queen’s, Christian Leuprecht, il sera intéressant d’étudier l’historique des voyages du suspect identifié par plusieurs sources comme étant Adulahi Hasan Sharif, un homme de 30 ans. « Nous savons qu’il y a entre 80 et 120 personnes qui sont retournées au Canada [depuis la Syrie ou l’Iraq] », a indiqué M. Leuprecht. « Certains restent sous surveillance pendant près de six mois. »

Le chef de la police d’Edmonton, Rod Knecht, et le ministre de la Sécurité publique du Canada, Ralph Goodale, ont tous les deux confirmé que le suspect était connu des autorités. Une enquête avait été lancée en 2015 contre M. Sharif sous la suspicion qu’il exprimait des idéologies extrémistes.

Un drapeau du groupe armé État islamique a été laissé à l’endroit où le suspect a renversé puis poignardé un policier près du stade du Commonwealth.

Des attaques difficiles à prévoir

L’expert en sécurité nationale et ancien agent du Service canadien de renseignement de sécurité Michel Juneau-Katsuya ne croit cependant pas que l’auteur de l’attentat terroriste a été dirigé par une organisation djihadiste. Plus probablement, le groupe armé État islamiste a été une source d’inspiration.

« C’est le type d’incident qu’un individu peut mener de son propre chef et c’est pour cela que c’est difficile à prévoir », a indiqué M. Juneau-Katsuya. « Il suffit d’avoir la conviction, de trouver un véhicule, une arme et vous trouvez des victimes. »

Instaurer de grandes politiques de sécurité est inefficace pour lutter contre ce mode opératoire, croit ainsi Jean-François Boucher. « La meilleure façon de contrer ce type d’activités ou d’actes, c’est de travailler avec ces communautés pour ne pas isoler les jeunes », encourage le professeur adjoint.

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