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Attawapiskat déclare l'état d'urgence après 39 tentatives de suicide depuis le 1er mars

Le chef et le conseil de la Première Nation d'Attawapiskat située au bord de la baie James, dans le nord de l'Ontario, disent être dépassés par le nombre élevé de tentatives de suicide dans la communauté et déclarent l'état d'urgence pour lancer un appel à l'aide et obtenir des ressources supplémentaires en santé mentale.

Dans la communauté crie qui compte 2000 résidents, le chef, Bruce Shisheesh a recensé 86 tentatives de suicide depuis le mois de septembre de personnes âgées de 11 à 71 ans, avec 28 tentatives en mars seulement et 11 autres depuis le début du mois d'avril. L'une de ces personnes n'a pas survécu, précise-t-il.

Il s'est réuni samedi avec le conseil de bande pour discuter de la possibilité de décréter l'état d'urgence dans la communauté. Cela devrait faire en sorte que des agences comme l'Autorité de santé Weeneebayko à Moose Factory ou Santé Canada débloquent des ressources additionnelles pour aider Attawapiskat.

Quatre travailleurs de la santé, qui ne sont pas spécialisés en santé mentale, font ce qu'ils peuvent, mais ils sont dépassés par le nombre de tentatives de suicide alors qu'ils tentent d'en éviter d'autres, selon le chef.

Le Conseil de Mushkegowuk, qui représente huit Premières Nations du nord de l'Ontario, essaie d'apporter son aide.

« Ces quatre travailleurs, des travailleurs à l'intervention d'urgence sont en épuisement professionnel », explique la grande chef adjointe du Conseil de Mushkegowuk, Rebecca Friday.

Quelques travailleurs de soutien ont été dépêchés sur place par la Nation Nishnawbe Aski, une association de plusieurs Premières Nations du nord de l'Ontario, selon elle, mais ce n'est pas suffisant pour endiguer le nombre de tentatives de suicide.

Le député fédéral de Timmins-Baie James, Charlie Angus, a dit dans un message sur Twitter qu'il demandera une résolution urgente lors du congrès du Nouveau Parti démocratique qui se tient cette fin de semaine à Edmonton pour appeler « à un plan d'action national de lutte contre une pandémie de suicides dans les communautés des Premières Nations ».

Les causes du problème

Selon Bruce Shisheesh, plusieurs facteurs expliquent le phénomène. La surpopulation avec 14 ou 15 personnes vivant sous un même toit est difficile, dit-il. L'intimidation à l'école serait un autre facteur. Les dommages émotionnels qu'ont entraînés les abus dans les pensionnats autochtones auraient aussi un effet ricochet sur les générations suivantes.

La toxicomanie est un autre facteur selon le chef d'Attawapiskat. Les gens ne veulent plus rien ressentir après avoir subi des sévices physiques et sexuels, précise-t-il.

« Nous avons des gens qui prennent des médicaments sur ordonnance. Nous avons des gens qui revendent des pilules. Et je crois que c'est de cette façon que certains ont des problèmes de manque et se sentent exclus, ou ils ne savent pas comment exprimer leurs sentiments et se droguent pour oublier leurs problèmes ou leur douleur », dit Bruce Shisheesh.

Pour ce qui est des tentatives quasi quotidiennes au mois de mars, Bruce Shisheesh n'a pas d'autre explication. Il dit seulement être inquiet à chaque fois que son téléphone sonne.

La réponse de Santé Canada

Dans un communiqué, Santé Canada dit avoir dépêché deux conseillers en santé mentale à Attawapiskat et travailler avec l'Autorité de santé Weeneebayko pour « coordonner [sa] réponse à cette crise dans la communauté et pour ensuite améliorer les services de crise et de secours pour les jeunes à risque ».

Santé Canada promet aussi de continuer à travailler avec des partenaires provincial et communautaires pour fournir des solutions à court et à long terme aux problèmes de santé et de santé mentale dans la communauté.

L'agence fédérale rappelle allouer 340 860 $ à des programmes de santé mentale à Attawapiskat et 9750 $ à la Stratégie nationale de prévention du suicide chez les jeunes autochtones.

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