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Attawapiskat : fin du règne de la chef Theresa Spence

La chef de la Première Nation d'Attawapiskat, sur la côte ouest de la baie James, quitte ses fonctions après cinq ans en poste. Theresa Spence avait été réélue lors des élections au conseil de bande en 2013, mais tente maintenant sa chance auprès de la Nation Nishnawbe Aski.

Les chefs autochtones du Nord de l'Ontario sont appelés aux urnes aujourd'hui pour choisir le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski ainsi que ses trois adjoints, dont l'un des postes est convoité par Theresa Spence.

La chef autochtone a été très médiatisée pendant son mandat, notamment pour une grève de la faim de six semaines au sujet des droits issus des traités autochtones. Elle réclamait la tenue d'une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper ainsi que la reine d'Angleterre ou le gouverneur général.

Elle est devenue au même moment l'un des symboles du mouvement Idle No More pour l'amélioration des conditions de vie des Autochtones.

Theresa Spence a également mis en lumière la crise du logement dans la communauté de près de 2000 résidents. L'affaire a fait les manchettes en 2011 et s'est même rendue devant l'ONU.

« La dernière personne qui a accompli un rôle un peu similaire à celui de Theresa Spence est Elijah Harper dans son combat contre l'accord du lac Meech dans les années 80 », croit le professeur adjoint Brock Pitawanakwat de l'Université de Sudbury.

Mandat et controverse

La chef Theresa Spence a également été contestée à plusieurs reprises pendant ses cinq ans à la tête d'Attawapiskat.

Pendant sa grève de la faim, une société d'experts-conseils, mandatée par Ottawa, avait mis en lumière que Theresa Spence était généralement incapable de fournir des pièces justificatives pour prouver qu'elle avait correctement dépensé au-delà de 100 millions de dollars versés par le gouvernement fédéral.

Des membres de la Première Nation ont également présenté une motion, l'an dernier, réclamant la démission de la chef de la réserve. À cette époque, le conjoint de Theresa Spence avait aussi été accusé de fraude et de vol de fonds alors qu'il était le cogestionnaire d'Attawapiskat.

L'héritage de Theresa Spence est encore partagé dans la réserve. Mais certains ont été choqués par le départ précipité de leur chef. « Je l'ai appris sur Facebook, sans explication, raconte la résidente Jackie Hookimaw Witt. Je me suis demandée pourquoi elle nous abandonnait. »

Le professeur adjoint Brock Pitawanakwat croit cependant que Theresa Spence peut gravir les échelons rapidement au sein de la Nation Nishnawbe Aski.

Une rencontre publique est prévue aujourd'hui pour déterminer comment la remplacer comme chef. « Le successeur de Theresa Spence aura de grands souliers à chausser », d'après Brock Pitawanakwat.

Élections chez NAN

À la fin de la journée, la Nation Nishnawbe Aski aura un nouveau grand chef parmi les trois candidats : Harvey Yesno, Les Loutit et Alvin Fiddler. Trois grands chefs adjoints seront aussi élus parmi dix aspirants.

Seuls les dirigeants des 49 communautés autochtones regroupés sous la Nation Nishnawbe Aski ont le droit de voter, ce qui s'est imposé comme l'un des enjeux de la campagne. Certains candidats voudraient que tous les Autochtones puissent avoir un droit de regard sur le choix de leurs dirigeants.

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