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Attentats de Bruxelles : un des présumés suspects libéré, faute de preuves

Le parquet fédéral belge a annoncé lundi la libération de l'homme nommé Faycal C. pour manque de preuves. Il avait initialement été soupçonné d'être le troisième assaillant de l'aéroport et faisait l'objet d'accusations préliminaires de participation aux activités d'un groupe terroriste, d'assassinats terroristes et de tentatives d'assassinats terroristes.

« Les indices qui avaient entraîné l'arrestation du nommé Fayçal C. n'ont pas été confortés par l'évolution de l'instruction en cours. En conséquence, l'intéressé a été remis en liberté par le magistrat instructeur », a déclaré le parquet dans un communiqué, sans autre précision.

Le domicile de Fayçal C. a été fouillé, mais aucune arme ni explosifs n'y ont été retrouvés.

Plus tôt lundi, la police fédérale belge a diffusé pour la première fois sur son compte Twitter une vidéo du troisième suspect des attaques à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, surnommé « l'homme au chapeau », afin de l'identifier. Les enquêteurs travaillaient jusqu'ici sur l'hypothèse selon laquelle Fayçal Cheffou, un journaliste pigiste, était cet homme. Ce dernier n'aurait pas collaboré avec les enquêteurs.

Selon la police, « l'homme au chapeau » a laissé un bagage contenant une bombe au terminal avant de s'enfuir tandis que ses compagnonsactionnaient leur bombe.

Outre Fayçal C., cinq individus ont jusqu'ici été inculpés dans la foulée des attentats. Les autorités ont d'abord accusé deux individus, désignés sous les noms de Aboubakar A. et Rabah N., d'activités terroristes et d'appartenance à un groupe terroriste.

Rabah N. était recherché en lien une perquisition, effectuée cette semaine en France et qui, selon les autorités, a permis de déjouer un attentat.

Puis, lundi, le parquet fédéral de Belgique a annoncé avoir inculpé trois autres personnes en lien avec les attentats de Bruxelles qui ont fait au moins 35 morts, selon le plus récent bilan.

Les trois individus, désignés comme Yassine A., Mohamed B. et Aboubaker O., ont été inculpés pour participation aux activités d'un groupe terroriste. 

Leur arrestation est le fruit de 13 perquisitions menées dimanche par la police à Bruxelles et dans deux villes flamandes, Malines et Duffel. Neuf personnes avaient alors été emmenées pour audition au total, et six ont donc été relâchées depuis.

Enquêtes tous azimuts en Europe

Avec les enquêtes qui se multiplient depuis les attentats de Bruxelles, de nombreuses informations voient le jour sur les liens entre les acteurs de ces attentats et ceux de Paris ainsi que sur les filières islamistes à l'oeuvre en Europe.

Les trois kamikazes à Bruxelles - Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui à l'aéroport et Khalid El Bakraoui dans le métro bruxellois - sont directement liés aux commandos des attentats de Paris, dont le suspect-clé, Salah Abdeslam.

De plus, la Belgique demande l'extradition de Djamal Eddine Ouali, un Algérien arrêté samedi, en Italie. Il est soupçonné d'avoir fabriqué de « faux documents d'identité ayant été utilisés par certains des auteurs présumés des attentats de Paris et probablement aussi par Salah Abdeslam ».

La France a, par ailleurs, arrêté jeudi Reda Kriket et dit ainsi avoir « mis en échec » un projet d'attentat.

Reda Kriket est un Français qui a déjà été condamné en Belgique dans une affaire de terrorisme et soupçonné d'avoir séjourné dans les rangs du groupe armé État islamique en Syrie. Reda Kriket est toujours en garde à vue.

Dimanche, un Français, Anis B., qui a lui aussi séjourné en Syrie, a été interpellé aux Pays-Bas; il est soupçonné de préparer une attaque contre la France avec Kriket, à la demande de l'EI.

Toujours en Belgique, Abderamane A. a été arrêté vendredi à Schaerbeek pour « participation aux activités d'un groupe terroriste ».

Abderamane A. avait été condamné à Paris en 2005 au procès d'un réseau accusé d'avoir apporté un soutien logistique au départ en Afghanistan des assassins du commandant Massoud, tué le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats contre le World Trade Center, à New York.

Il avait écopé de sept ans de prison et d'une interdiction définitive du territoire français.

Bilan revu à la hausse

Par ailleurs, les attentats du 22 mars à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles ont fait au moins 35 morts, selon un nouveau bilan annoncé lundi par les autorités. Les trois auteurs des attentats ne sont pas comptabilisés dans ce bilan. Les attentats ont également fait 340 blessés dont 96 encore hospitalisés.

Le centre de crise belge précise que 31 victimes ont été retrouvées mortes le jour des attaques, à quoi s'ajoutent désormais 4 personnes qui ont succombé à leurs blessures à l'hôpital.

« Les équipes médicales ont fait tout leur possible, a indiqué sur Twitter la ministre belge de la Santé, Maggie De Block. Courage à toutes les familles. »

Pour l'instant, 28 des victimes ont été identifiées. Quinze personnes, dont 9 Belges, sont mortes à l'aéroport. Sur les 13 victimes du métro identifiées, 10 sont de nationalité belge. Les étrangers tués dans les attentats sont de nationalité allemande, américaine, britannique, chinoise, française, italienne, néerlandaise et suédoise.

Par ailleurs, 800 employés de l'aéroport de Bruxelles participeront à une simulation pour tester des infrastructures temporaires et de nouveaux systèmes d'enregistrement des passagers. Le gouvernement belge décidera ensuite si l'aéroport pourra reprendre ses activités.

Le maire de Bruxelles, Yvan Mayeur, se rendra mardi à Paris pour discuter des mesures post-attentats à prendre dans la capitale belge. M. Mayeur s'exprimera devant le Conseil de Paris et rencontrera à huis clos les acteurs parisiens mobilisés après les attentats de janvier et novembre 2015.

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