Les Canadiens sont les deuxièmes plus importants consommateurs d'aliments ultratransformés au monde après les Américains. Ces aliments sont l'une des causes de l'augmentation des problèmes de santé liés à l'obésité et aux maladies connexes. Et les consommateurs méritent d'être mieux informés sur leur présence, juge un expert.

Un texte d’Alain Roy, de l’émission L’épicerie

Pour nous aider à faire de meilleurs choix, le Guide alimentaire canadien classifie les aliments en quatre groupes : fruits et légumes, produits céréaliers, lait et substituts, et viandes et substituts. Ces quatre groupes réunissent l’ensemble des produits recommandés pour constituer notre alimentation.

Selon Jean-Claude Moubarac, chercheur en nutrition à l’Université de Montréal, le problème avec cette classification est qu’elle ne permet pas de classer des produits qui pullulent sur les tablettes de nos épiceries et dont on aurait intérêt à se méfier, comme les croustilles et les boissons gazeuses. Pour pallier cette situation, en collaboration avec des chercheurs brésiliens, il propose la classification Nova.

Nova suggère quatre groupes d’aliments basés sur leur degré de transformation. « Le premier regroupe les aliments frais ou minimalement transformés comme les fruits, les légumes, les viandes, les oeufs, le lait, explique M. Moubarac. Le deuxième groupe correspond aux ingrédients culinaires comme les huiles, le sucre, le beurre, le miel, le sirop d’érable. »

« Le troisième réunit les aliments transformés tels les fruits et légumes en conserve, les produits de boulangerie, les fromages, la charcuterie, les viandes marinées, le beurre d’arachides, par exemple. Et le quatrième groupe est celui des aliments ultratransformés, comme les gâteaux et biscuits, les boissons, les sauces, les bonbons, les soupes en conserve, les vinaigrettes, les yogourts sucrés », poursuit M. Moubarac.

Revoir la classification

Les groupes alimentaires traditionnels ne permettent pas aux consommateurs de reconnaître les aliments ultratransformés. Dans la section des produits laitiers, par exemple, on peut retrouver le meilleur comme le pire : un yogourt nature minimalement transformé fait de lait, de crème et de culture bactérienne et, à côté, un yogourt ultratransformé fait de substances laitières, de gommes, de sucre ajouté, de saveurs et d’arômes naturels et artificiels.

« Les populations qui cuisinent davantage à partir d’aliments frais et peu transformés ont une meilleure santé, ont moins de maladies chroniques et sont moins obèses. Aux États-Unis et au Canada, on a presque abandonné la cuisine », déplore-t-il.

Selon M. Moubarac, Nova permettrait au consommateur d’effectuer de meilleurs choix avec des critères faciles à retenir. « Dans ce groupe des aliments ultratransformés se retrouvent tous les aliments qui ont une très faible qualité nutritionnelle, explique-t-il. Ils sont denses en énergie, riches en sucres, en sodium et en acide gras saturés, et pauvres en protéines, en fibres alimentaires, en vitamines et en minéraux, bref, le contraire de ce qu’on cherche. »

La solution est simple, selon lui. « Les aliments frais ou peu transformés, c’est ce qu’il faut privilégier. Les aliments transformés, on doit se modérer... et les ultratransformés, les éviter! La fonction des aliments, c’est de nous nourrir, alors que celle des produits ultratransformés, c’est de nous faire consommer », conclut M. Moubarac.

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