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Au-delà du désastre : changer l’image d’une municipalité

Faites une recherche rapide d'images de High River dans le sud de l'Alberta et les trois quarts des résultats montrent la municipalité sous les eaux lors des inondations de juin 2013. L'exemple peut être reproduit pour chaque victime d'un désastre. Fort McMurray au nord de l'Alberta ? La ville est en proie aux flammes sur toutes les images Google. Lac-Mégantic, Québec ? Les photos montrent des tourbillons de flammes et de fumée noire.

Un texte de Tiphanie Roquette

Même des années après la reconstruction, il est difficile pour une municipalité de se départir de l’image de la catastrophe imprimée dans les esprits. Le désastre est toutefois loin d’être le meilleur argument de vente pour attirer de nouveaux résidents et commerces.

High River, connue pour avoir survécu aux pires inondations de l’histoire de l’Alberta, espère bien changer cela. La municipalité a engagé une firme de communications et de marketing pour revaloriser son image de marque. « Depuis 2013, il y a eu de la reconstruction et de nouvelles choses et nous pensons qu’il est temps de raconter cette histoire à un nouveau public », explique la responsable du développement économique à la municipalité Jodi Dawson qui espère bien attirer de nouvelles familles et des entrepreneurs.

Nouvelle énergie

Si l’objectif est en partie de faire oublier les inondations, la nouvelle image de High River compte aussi mettre à profit le désastre, avec cette idée principale « Rooted in people ». « Pendant les inondations et même après, il y a eu un fort sentiment de résilience auprès des résidents de High River et cette idée que les gens se sont entraidés pour créer un futur commun », explique Sheenah Rogers la fondatrice d’Anstice Communications, responsable de la revalorisation de la marque.

Rob Kroll, propriétaire du magasin d'antiquités Hole in the Wall à High River, constate chaque jour que la tâche de changer l’image de la municipalité est ardue. « Les gens viennent et s’attendent à voir les scènes qu’ils ont vues aux nouvelles il y a trois, quatre ans et ils sont surpris de voir à quel point nous avons changé. »

M. Kroll admet que la reconstruction a été difficile. Le centre-ville, ravagé par les eaux, vient tout juste de finir sa rénovation. De nombreux espaces commerciaux attendent encore désespérément de nouveaux repreneurs. L’optimisme est cependant de retour. « Je pense que nous en avons fini avec le plus difficile et maintenant il s’agit juste de retrouver notre confiance et de revenir à notre normalité. »

Le président de la chambre de commerce de High River Steven Muth confirme l’énergie qui a regagné les entrepreneurs. « Il y a encore des milliers de gens à Calgary qui ne savent pas où High River se situe et encore moins ce que nous avons à offrir. Je pense qu’un message unifié donnera une base de travail solide pour attirer de nouveaux commerces et de nouveaux investissements. »

Succès ou flop?

Transformer l’image d’une ville présente cependant quelques risques. Juste à côté de High River, à une demi-heure de route au sud de Calgary, Okotoks a lancé en 2015 une campagne de tourisme sous le slogan de « There are a number of things to do in Okotoks » (Il y a des choses à faire à Okotoks). La phrase a été ridiculisée et détournée de nombreuses fois sur les médias sociaux. Le changement de slogan de Calgary de « Heart of the new West » (Le coeur du nouveau ouest) à « Be part of the Energy » (Prenez part à l'énergie) a lui aussi essuyé son lot de critiques notamment de gaspillage d’argent.

High River espère ne pas ajouter son nom à cette liste d’échecs en prenant son temps. Aucun changement de logo ni de slogan n’est pour l’instant en projet. La campagne de revalorisation de l'image de marque High River se fera en douceur et les formes qu’elle prendra n’ont pas encore été déterminées. « Nous regardons encore toutes les possibilités, de nouveaux panneaux de signalisation à une campagne de marketing en passant par une programmation d’événements », explique Mme Rogers d’Anstice Communications.

La municipalité espère cependant constater des retombées positives d’ici deux ou trois ans.

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