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Au Yukon, une initiative de sécurité du voisinage inquiète des défenseurs de droits civils

Des militants pour le logement au Yukon croient que la Loi sur la sécurité des communautés et des quartiers du territoire pose un risque pour les personnes vulnérables.

Adotpée il y a 12 ans, cette loi a mené à la création d’un groupe d'enquête sur les plaintes d'individus préoccupés par la présence de drogue ou d’autres activités illégales dans leur quartier.

Si l’enquête conclut qu’il y a présence d’activité criminelle régulière nuisant à la communauté, le groupe peut remettre des avertissements officiels ou obtenir un ordre d’expulsion de cinq jours. Plusieurs de ces enquêtes sont menées conjointement avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

« Ce sont des pouvoirs assez vastes qui peuvent avoir des répercussions considérables sur la vie des gens », a déclaré Rob De Luca, directeur du programme de sécurité publique de l'Association canadienne des libertés civiles.

Au cours des trois dernières années, le ministère a reçu plus de 180 plaintes. Les enquêtes menées par le groupe d'enquête ont mené à 39 évictions dont la plupart se sont faites avec l'aide du propriétaire.

Cette situation pose problème à Meg Grudeski, coordonnatrice du logement pour la Coalition anti-pauvreté du Yukon. « Je pense que pouvoir soulever des préoccupations au sujet des activités dans votre quartier est une bonne chose », a-t-elle déclaré. Elle s’inquiète cependant que « cela puisse aussi mener à un acharnement, ou cibler les mauvaises personnes. »

Meg Grudeski dit que le groupe d’enquête va à l'encontre de l’idée du « logement d’abord » — une approche de réduction des méfaits qui stipule que les gens sont autorisés à boire ou à consommer de la drogue tout en étant logés.

« Nous mettons en danger les personnes déjà à risque en les marginalisant alors qu'elles sont déjà marginalisées », a-t-elle renchéri.

Jacqueline Davies, la directrice intérimaire de la sécurité publique et des enquêtes auprès du ministère de la Justice du Yukon, affirme avoir confiance au processus d'enquête : « Nous avons un seuil très élevé », a-t-elle dit, « une fois que nous avons reçu la plainte, nous l'étudions en profondeur. Les enquêtes ne se font pas du jour au lendemain, elles prennent beaucoup de temps. »

Elle affirme que les initiatives de logement d’abord et de protection de quartier peuvent coexister : « Nous ne commençons pas nécessairement par une expulsion [...]. Nous travaillons d'abord avec les individus pour essayer de résoudre les problèmes avec des mesures de premier recours. »

Jacqueline Davies dit qu'il n'y a actuellement aucun plan de révision de la loi.

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