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Aucune accusation contre les policiers suspendus après le reportage sur Val-d’Or

Des sources ont ainsi confirmé des informations parues dans certains médias selon lesquelles le DPCP estime qu’il n’y a pas de preuves suffisantes pour porter des accusations de sévices sexuels, d'intimidation et d'abus de pouvoir contre les six patrouilleurs de la Sûreté du Québec suspendus dans la foulée du reportage.

Le DPCP a analysé 37 dossiers qui lui avaient été remis par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Le SPVM avait été mandaté par le gouvernement du Québec pour enquêter sur les allégations d'abus révélées dans un documentaire de l'émission Enquête en octobre 2015 et sur toute plainte similaire visant des policiers de la Sûreté du Québec.

Le DPCP n'est censé annoncer officiellement que vendredi à Val-d'Or qu'il n'y aura pas d'accusations. D'ici là, des membres de son équipe rencontrent les plaignantes pour leur expliquer la décision. Une telle rencontre avait d'ailleurs lieu mardi après-midi au Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or.

Les policiers de la SQ visés ont été informés par leurs supérieurs de cette décision, et leur suspension a pris fin sur-le-champ. On leur a remis une lettre du SPVM confirmant qu'il n'y aurait pas d'accusations contre eux.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, a dit préférer attendre l'annonce formelle avant de s'exprimer sur cette décision.

Depuis un an, des leaders autochtones demandent une enquête publique sur les agissements des policiers envers les Autochtones et la décision du DPCP leur donne des arguments supplémentaires.

Richard Kistabish, ancien grand chef du Conseil algonquin du Québec, estime que les racines du problème sont profondes. « Il aurait fallu qu’ils regardent leur manière d’intervention, mais aussi d’où ça sort, cette manière de faire les choses. On peut très bien remonter jusqu'à la naissance de ce pays-là, quand le premier ministre Macdonald avait dit : "faut qu’on se débarrasse de ces Indiens-là". C’est toute cette philosophie-là qui s’est répandue avec les années, partout. Tout le monde est devenu complice de ça. »

Éviter tout conflit d'intérêts

Toutes les plaintes de nature criminelle déposées par des femmes autochtones à l'endroit d'un policier de la SQ ou d'un autre corps policier de la province sont dorénavant traitées par le SPVM, avait annoncé en avril le ministre de la Sécurité publique du Québec, Martin Coiteux.

M. Coiteux disait vouloir évacuer « tout possible conflit d'intérêts réel ou apparent » dans le traitement des plaintes.

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