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Augmentation inquiétante des prescriptions d’hydromorphone en Ontario

Presque aussi puissant que l'héroïne, l'hydromorphone est un antidouleur autrefois administré aux personnes atteintes du cancer. Le médicament est aujourd'hui couramment utilisé pour traiter toutes sortes de douleurs et il est le deuxième le plus meurtrier, après le fentanyl, en ce qui a trait aux surdoses fatales dans la province.

Un texte de Nathasha MacDonald-Dupuis

Selon le bureau du coroner, de 2013 à 2016, les prescriptions d’hydromorphone ont augmenté de 8 % en Ontario, alors que les prescriptions de fentanyl et de morphine sont en baisse. L’hydromorphone, plus connue sous son nom commercial – Dilaudid –, est un comprimé qui, comme l'héroïne, peut être broyé en poudre, dissous et injecté.

En 2015, 199 personnes sont mortes d’une surdose d’hydromorphone dans la province. Une statistique qui n’étonne pas le docteur David Juurlink, directeur du Département de pharmacologie et de toxicologie du Centre Sunnybrook des sciences de la santé, à Toronto.

Ce n’est que la pointe de l’iceberg. À cela s’ajoutent tous les gens qui souffrent des effets secondaires de ce puissant opioïde, comme la dépression, l’apathie et même le suicide.

David Juurlink, Centre Sunnybrook des sciences de la santé, à Toronto

Culture de « surprescription »

Le Canada est le deuxième plus grand consommateur d'opioïdes par habitant au monde (après les États-Unis). Il est aux prises avec une crise liée aux opioïdes remis sur ordonnance. En Colombie-Britannique, le fentanyl a fait 914 morts en 2016.

Ça fait 20 ans que les médecins surprescrivent des opioïdes beaucoup trop puissants comme l’hydromorphone. Il faut changer la façon dont on traite la douleur et nos attitudes par rapport à celle-ci.

David Juurlink, Centre Sunnybrook des sciences de la santé, à Toronto

Selon David Juurlink, personne n’est à l’abri de devenir dépendant au fentanyl ou à l’hydromorphone – après une opération ou une blessure, par exemple.

Les gouvernements en mode réaction

Les trois ordres de gouvernement ont annoncé de nombreuses mesures pour tenter de freiner la crise. Depuis le 1er janvier, l’Ontario ne rembourse plus certains médicaments à forte concentration d'opiacés, dont les doses les plus fortes d’hydromorphone offertes sur le marché.

Le gouvernement fédéral prévoit également investir 8 millions de dollars pour financer des programmes de formation à l'intention des médecins, et 13 millions de dollars sur 5 ans pour améliorer les inspections en pharmacie.

La Ville de Toronto met sur pied en ce moment un plan d’action pour contrer les surdoses d'opioïdes et prévenir une crise comme celle qui a cours à Vancouver. Une réunion est prévue pour lundi à ce sujet.

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