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Austérité et éloignement, un cercle vicieux pour les femmes de la Gaspésie

Les femmes sont-elles victimes des mesures d'austérité? Chose certaine, dans les régions éloignées, de nombreuses femmes se disent prises au dépourvu. Les organismes qui leur viennent en aide soutiennent que leurs services sont de plus en plus sollicités. Arrêt en Gaspésie.

Un texte d'Hugo Lavallée

Cassandra Thompson a vécu de l'aide sociale pendant 11 ans, ce qui ne lui a pas permis d'investir le moindre dollar pour rénover sa maison de Paspébiac. La liste des défauts est pourtant très longue : fenêtres brisées, solage fissuré, revêtement extérieur arraché, isolation déficiente... « Je ne suis jamais partie de ma maison [parce que] je sais que les loyers sont chers », explique-t-elle.

L'automne dernier, elle a décroché un emploi dans un organisme communautaire grâce à un programme d'Emploi-Québec. L'organisme pour lequel elle travaille étant lui-même soumis à des restrictions budgétaires, elle craint toutefois devoir se rabattre sur l'assurance-emploi au cours des prochains mois.

Brigitte Bergeron, de Carleton-sur-Mer, aimerait reprendre les études, mais ses problèmes de santé l'en empêchent. Son médecin lui a prescrit une consultation auprès d'un travailleur social, mais la réorganisation des services de santé ralentit ses efforts.

Prestataire d'aide sociale, elle compte sur la banque alimentaire de sa région pour survivre. Sans automobile, il lui est difficile de se déplacer pour se rendre à ses rendez-vous médicaux, dans une région où les transports publics sont pratiquement inexistants.

Pour sa part, Gisèle Bernard a été accueillie à la Maison L'Aid'Elle, à Gaspé, après avoir été victime de violence familiale. Elle attend depuis cinq mois une consultation avec un psychologue.

Le centre qui l'héberge constate que ses résidentes mettent de plus en plus de temps à obtenir des services de santé. Les délais judiciaires pour les femmes qui choisissent de poursuivre leur ex-mari se sont aussi étirés.

« Ce que je trouve déplorable, affirme Brigitte Bergeron, c'est qu'il y a tellement de gens qui sont dépressifs comme moi et qui essaient d'avoir de l'aide [...] et qui n'en sont pas capables parce qu'ils n'en ont pas les moyens. »

Regardez le reportage d'Hugo Lavallée :

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