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Autochtones : réapprendre une langue un mot à la fois

Des Autochtones du Québec font de gros efforts pour empêcher la disparition de leur idiome. Radio-Canada a visité trois communautés où l'on mise sur l'éducation.

Un texte de Claude Brunet à Désautels le dimanche

Au Canada, on recense 60 langues autochtones. Elles sont toutes menacées, sauf l'inuktitut. Les pensionnats indiens au pays, dont le dernier a fermé en 1996, ont largement contribué à décourager l'usage de ces idiomes.

La Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui a fait la lumière sur les 150 ans d'histoire des pensionnats indiens, rapporte que les langues et les cultures autochtones y étaient dénigrées et réprimées.

Au Québec, il y a 10 langues autochtones dont la situation est variable. Certaines sont dans un état critique, tandis que d'autres sont mieux préservées, bien que leur situation reste précaire.

Par exemple, la majorité des Cris et des Atikamekw parlent couramment leur idiome, alors qu'à l'opposé, la langue abénaquise survit grâce à une poignée d'individus.

On observe toutefois une volonté dans les communautés autochtones de soutenir et même de valoriser l'usage des langues ancestrales.

Chez les Hurons-Wendats de Wendake

La langue wendate a carrément disparu il y a une centaine d'années. Au Québec, il n'y a qu'une seule réserve wendate. Elle est à Wendake, au nord de Québec.

Là-bas, la communauté s'est mobilisée il y a un peu moins de 10 ans, pour faire renaître le wendat. Actuellement, on l'enseigne un peu à l'école primaire et au Centre de la petite enfance Orak.

Chez les Abénaquis d'Odanak

La langue abénaquise ne survit que grâce à une poignée d'individus. À Odanak, l'une des deux communautés abénaquises du Québec, une dizaine de personnes se rencontrent le mardi soir pour approfondir leur connaissance de la langue.

Le directeur général du Conseil des Abénaquis d'Odanak, Daniel Nolett, apprend l'abénaquis depuis 20 ans et il a le sentiment de ne pas maîtriser la langue. L'abénaquis est une langue complexe à apprendre d'autant plus que les occasions de la parler sont plutôt rares. Seulement quelques aînés d'Odanak parlent couramment la langue.

Chez les Atikamekw de Wemotaci

La situation de l'atikamekw est tout autre. On dit que c'est l'une des langues autochtones les plus vigoureuses au pays; plus de 90 % des Atikamekw la parlent couramment.

À Wemotaci, au nord de La Tuque, l'atikamekw est la seule langue d'enseignement en première et deuxième année du primaire. Par la suite, l'enseignement est bilingue en atikamekw et en français.

À l'école secondaire Nikanik de Wemotaci, les élèves ont des cours d'atikamekw pour améliorer leur vocabulaire. La professeure Janette Coocoo explique qu'ils maîtrisent mal le vocabulaire lié à la nature et aux activités traditionnelles en forêt.

L'atikamekw cohabite difficilement avec le français parce que les langues se nuisent l'une l'autre. Les élèves disent qu'ils parlent une sorte de « chiac »; un mélange de français et d'atikamekw.

Mais l'apprentissage du français est essentiel pour ces jeunes s'ils veulent poursuivre leur formation au cégep et à l'université. En quelque sorte, le français est à la fois une menace et un atout pour les Atikamekw.

 

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