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Avions de chasse: Ottawa a rencontré plus souvent Boeing que Lockheed Martin

Des agents de Boeing ont rencontré sept fois plus des employés du gouvernement fédéral depuis le début de l'année que ceux de leur concurrent Lockheed Martin, selon le registre fédéral des lobbyistes, ce qui soulève des questions quant à l'équité de traitement des deux soumissionnaires.

Au total, 23 réunions ont eu lieu entre les représentants de Boeing et d’Ottawa, dont certaines avec des employés des ministères de la Défense, de l’Industrie et des Services publics et Approvisionnement. Certaines se déroulaient également avec des cadres du bureau du premier ministre.

La compagnie Lockheed Martin s'est, quant à elle, entretenue trois fois avec des représentants d’Ottawa, selon le registre.

Un porte-parole de Boeing n’a pu confirmer combien de réunions portant sur l'achat de chasseurs Super Hornet ont eu lieu. Il a toutefois souligné que l’entreprise discute de plusieurs contrats avec le gouvernement canadien et qu'elle a conclu de nombreuses ententes avec lui.

« Nous rencontrons très souvent les représentants du gouvernement canadien dans le cadre des activités financières habituelles », a expliqué le vice-président aux communications de Boeing à l’international, Scott Day.

Les représentants de Lockheed Martin n’ont pas répondu aux messages de CBC.

Équité de traitement?

Pour les néo-démocrates, il semble que les libéraux ont leur avion de chasse favori, de la même façon que les conservateurs avaient le leur.

« Il semble qu’ils veulent avoir un fournisseur d’avions unique, comme les conservateurs le faisaient. Les libéraux se comportent comme les conservateurs. Les conservateurs avaient leur avion favori. Maintenant les libéraux ont leur avion favori », a déclaré le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de sécurité publique, Randall Garrison.

Ottawa souhaite acheter des avions de Boeing

Ottawa a annoncé cette semaine son intention de négocier l'achat de 18 avions de chasse de la compagnie Boeing, en attendant de faire un appel d'offres pour le renouvellement complet de sa flotte de F-18.

Le gouvernement Trudeau a toutefois souligné qu'il ne renonçait pas pour autant à sa participation au programme des F-35, au moins jusqu'à l'attribution du contrat pour le remplacement de la flotte.

Les conservateurs de Stephen Harper avaient décidé que le Canada ferait partie du projet international de développement des F-35 de Lockheed Martin.

L'achat de ces avions avait toutefois été mis sur la glace par les conservateurs, en 2012, après le dépôt d'un rapport accablant du vérificateur général. Celui-ci reprochait au gouvernement Harper d'avoir sous-évalué les coûts des F-35 et d'avoir pris sa décision sans effectuer les recherches suffisantes.

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