Deux camions des Nations unies ont été pillés, samedi, aux Cayes, devant les yeux du secrétaire général Ban Ki-moon, qui était venu exprimer sa solidarité envers le peuple haïtien dans une des villes les plus ravagées par le passage de l'ouragan Matthew.

Les livraisons de nourriture, de médicaments ou d'infrastructure tardant, la population des Cayes s'est insurgée contre la lenteur de l'acheminement. Certains habitants ont construit des barrages routiers où des camions humanitaires sont parfois la cible de pillages.

« Je condamne fermement toutes les attaques contre les convois humanitaires. J'ai été témoin personnellement d'une attaque sur un camion du Programme alimentaire mondial (PAM) », a précisé Ban Ki-moon, jugeant que ces incidents nuisaient aux plus nécessiteux.

Un coordinateur de la branche américaine de l'Organisation mondiale de la santé a indiqué que la base des Cayes des Nations unies a été fermée après ce pillage.

« Nous comprenons l'impatience et la colère de la population qui attend une aide d'urgence. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour faciliter l'arrivée des secours dès que possible », a ajouté le secrétaire général de l'ONU. Il a d'ailleurs promis d'augmenter l'aide humanitaire.

Un pays « dévasté »

« J'exhorte tous les amis d'Haïti dans le monde entier à se manifester et à faire un don, à apporter à la population d'Haïti les ressources dont elle a désespérément besoin. C'est une question de vie ou de mort », a-t-il indiqué.

L'ouragan Matthew, qui a fait 1000 morts et 175 000 sans-abri, a détruit des stocks alimentaires, des réseaux d'électricité, de télécommunications et de transports et rempli les champs d'eau de mer et de déchets.

« C'est une chose que de lire des descriptions de dégâts causés par l'ouragan, a affirmé Ban Ki-moon. C'en est une autre de les voir par soi-même. Aux Cayes, j'ai vu une dévastation absolue. »

Le regain du Choléra inquiète en Haïti

Les inondations ont déclenché une épidémie de choléra, une maladie absente du pays avant l'intervention en 2010 des Casques bleus de l'ONU, quand Haïti avait été ravagé par un tremblement de terre.

« Nous allons mobiliser autant de ressources et d'aide médicale que possible afin de tout d'abord arrêter l'épidémie de choléra et ensuite, aider les familles des victimes », a déclaré Ban Ki-moon lors d'une conférence de presse.

« Nous redoublons d'efforts pour contenir l'épidémie et pour que chacun ait accès à des systèmes d'eau potable, d'assainissement et de santé », a-t-il ajouté, en précisant que l'ONU était en train d'élaborer un programme d'assistance matérielle.

Il a également promis la création d'un fonds de contributions volontaires consacré à la lutte contre le choléra.

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