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Bâtir des ponts avec les immigrants et les jeunes, le défi de Jean-François Lisée

Lors des prochaines élections provinciales au Québec en 2018, cela fera 20 ans que le Parti québécois n'aura pas formé de gouvernement majoritaire. Pour y arriver, le prochain chef du PQ devra impérativement tendre la main aux néo-Québécois et aux jeunes, croit le candidat à la direction du parti Jean-François Lisée.

Un texte de Mathieu Gohier

Le député de Rosemont est toujours aussi farouchement opposé au multiculturalisme et à l'interculturalisme. Pas question non plus pour Jean-François Lisée de céder sur la question de l'égalité entre les hommes et les femmes, mais il reconnaît du même coup que son parti doit rebâtir les ponts avec les néo-Québécois.

Dans une entrevue accordée à l'émission Les coulisses du pouvoir, M. Lisée admet que le Parti québécois doit se réconcilier avec les immigrants, échaudés par l'épisode de la charte des valeurs du gouvernement de Pauline Marois.

S'il est élu chef du parti et ensuite premier ministre, Jean-François Lisée s'engage à faire rapidement des gestes pour faciliter l'intégration économique des immigrants.

« Dans la première année d'un gouvernement que je dirigerais, on ferait l'accélération de la reconnaissance des diplômes. Ce que je voulais faire comme ministre lorsque je l'étais, engager des négociations avec des pays du Maghreb pour la reconnaissance des qualifications professionnelles, comme on l'a fait pour la France », indique M. Lisée.

Il va même plus loin, en proposant la mise en place d'un fonds de prêts d'études remboursables qui permettrait aux immigrants de faire la mise à niveau de leur diplôme.

« Pour les jeunes, le Parti québécois, c'est un vieux parti. »

Le constat de Jean-François est on ne peut plus clair : le PQ est une vieille formation politique aux yeux des jeunes électeurs, et le parti se doit de traiter des thèmes qui sont importants pour la jeunesse.

« Il faut être des interlocuteurs valables! Sur la question de l'environnement qui est chère à beaucoup d'entre eux, il faut montrer que nous sommes leur interlocuteur, que nous représentons leurs valeurs », soutient-il.

Mais un baby-boomer, ancien conseiller des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, peut-il inspirer les jeunes?

« La jeunesse, c'est un état d'esprit [...] Ce que je propose, ce sont des idées qui sont souvent audacieuses, qui sortent du cadre. [...] Maintenant, je sais très bien que si on veut aller chercher les 18-24 ans, ça prend des 18-24 ans! Il faut déléguer, donner du pouvoir à des gens qui vont nous dire quelle est la meilleure façon de leur parler à ces gens-là », répond Jean-François Lisée.

Le candidat à la direction du PQ propose d'ailleurs d'accroître le pouvoir et l'autonomie de l'aile jeunesse du parti, qui a moins de pouvoir, selon lui, que l'aile jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ).

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