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Beaucoup d’enseignants canadiens victimes de violence, selon leur Fédération

Entre 41 % et 94 % des enseignants canadiens sondés ont déjà été victimes de violence, selon une étude menée par la Fédération canadienne des enseignants. Celle-ci croit que le manque de ressources qui touche nombre d'écoles à travers le pays est à blâmer.

Un texte de François Joly

La Fédération, dont 150 membres sont réunis à Edmonton pour un forum, sonne l’alarme au sujet de ce qu’elle considère comme un problème majeur pour ses membres.

La première revue des études sur la violence dans les écoles met notamment en lumière une augmentation de la fréquence, mais aussi de la gravité des actes de violence commis contre les enseignants.

Cette revue compile le résultat de différents sondage et études réalisés un peu partout au Canada au cours des dernières années. Un sondage réalisé par la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario révélait que 70 % de ses enseignants avaient déjà été victimes de violence. Une autre étude menée dans les écoles catholiques de l’Ontario suggère que cette proportion serait de 90 %.

De nombreux enseignants disent que cette violence est largement le fait des élèves. En effet, selon une revue d'une trentaine d'études menées un peu partout dans le monde et compilées par des chercheurs américains, entre 93 % et 96 % des actes de violence contre le personnel enseignant ont été perpétrés par des élèves. La violence verbale est la première forme de violence dont sont victimes les enseignants, suivie par la violence physique. Le problème serait particulièrement criant dans les écoles primaires.

Plusieurs études s’entendent sur le fait que le problème de la violence dans les écoles va en augmentant. Entre 51 % et 85 % des enseignants ont signalé une hausse de la fréquence, mais aussi de la gravité des incidents violents.

« Ces élèves, quand on ne les entoure pas bien, ils se retrouvent en crise, note Nathalie Drolet, une enseignante ontarienne qui participe au forum d’Edmonton. Ils refusent de travailler, de coopérer. Et là, quand on ne plie pas (...), alors les élèves font des crises. Ils donnent des coups de pied, des coups de poing. Ils crachent. On lance des objets. On pince. Ça peut prendre toutes sortes de formes. »

Elle dit avoir remarqué une forte augmentation du nombre d’incidents de ce genre depuis 3 ou 4 ans.

Le manque de ressources blâmé

La Fédération canadienne des enseignants (FCE) attribue la dégradation du climat dans les classes au manque de personnel de soutien et au nombre plus élevé d’élèves à besoins particuliers.

« Selon les études, lorsqu’un enfant se sent abandonné et que ses besoins éducationnels, sociaux et émotionnels ne sont pas satisfaits, il peut s’ensuivre des accès de violence, ajoute dans un communiqué le président de la FCE, Mark Ramsankar. Et cette violence à l’encontre du personnel enseignant finit par miner le bien-être mental et physique des éducateurs et des éducatrices, et leur estime d’eux-mêmes sur le plan professionnel. »

Selon lui, les classes sont plus complexes, tant sur le plan culturel que sur celui des aptitudes scolaires et sociales. Il déplore le manque personnel de soutien, notamment d’aides-enseignants, de psychologues et de psychiatres.

Avec l'aide de Laurence Martin et Simon-Pierre Poulin

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