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Beaucoup de questions pour tester l’impartialité des candidats jurés au procès de Tony Accurso

La dernière étape de la sélection du jury a commencé mercredi au palais de justice de Laval afin de choisir les 12 personnes qui trancheront sur le sort de l'entrepreneur Tony Accurso, accusé de fraude et de corruption. Au moins six questions sont posées à chaque candidat afin de vérifier, entre autres, leurs liens avec l'ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt.

Un texte de Geneviève Garon

« Gilles Vaillancourt est le cousin de mon grand-père. »

« J’ai déjà servi M. Accurso au Hilton à Laval à plusieurs reprises, il y a 10 ans. »

« J’ai été employé de la Ville de Laval comme technicien informatique. »

Ce sont quelques-unes des raisons qui ont mené des candidats à être écartés de la sélection du jury, en vue du procès de Tony Accurso.

Debout devant le tribunal, à tour de rôle, chaque personne doit révéler :

  • son occupation;
  • si elle a déjà travaillé pour la Ville de Laval ou signé des contrats avec la municipalité;
  • si elle a œuvré dans le domaine de la construction avec la Ville;
  • si elle a entendu parler de la cause et a des idées préconçues.

Les candidats ont reçu une liste de 62 personnes impliquées dans le dossier, dont l’ex-directeur général de la Ville de Laval, Claude Asselin, des entrepreneurs, des ingénieurs et l’ancien représentant officiel du parti Pro des Lavallois, Jean Bertrand. Ils doivent s’expliquer s’ils connaissent l’un des individus.

Les réponses à ces questions peuvent mener les avocats à demander la récusation d’un candidat. Chaque partie peut écarter 12 personnes sans fournir de raison.

Qui sont les jurés?

Sur les 46 candidats entendus mercredi, neuf ont été retenus pour former le jury, six hommes et trois femmes aux occupations variées.

Il s’agit d’un directeur des opérations, une coordonatrice des ventes, un chef de projets, un jeune étudiant en philosophie qui travaille à temps partiel dans un restaurant McDonald’s, un ajusteur-monteur chez Bombardier, une brancardière, une retraitée qui a fait carrière dans les services d’emploi et d’immigration, un étudiant en infographie et un courtier en imprimerie.

Trois autres jurés devraient être choisis vendredi, pour former un jury de 12 personnes.

Système de pots-de-vin dirigé par Vaillancourt

Entre 1996 et 2010, il y aurait eu un système de collusion et de corruption dans l’octroi des contrats de construction et des mandats auprès de firmes de génie-conseil sur le territoire de Laval.

« La poursuite allègue que l’âme dirigeante de ce système était l’ex-maire Gilles Vaillancourt, lequel donnait des instructions à ses subalternes et exigeait une ristourne sous forme de pourcentage de la valeur des contrats octroyés par la Ville de Laval dans ce système frauduleux, a expliqué le juge James Brunton aux candidats jurés. Cette contribution en argent comptant par les entrepreneurs privilégiés et les firmes de génie-conseil, selon les allégations, était le prix à payer pour obtenir des contrats à l’abri de la concurrence. »

Tony Accurso, 66 ans, est accusé de fraude de plus de 5000 $, de corruption, d’abus de confiance et de complot.

La Couronne fera entendre ses témoins dès que le jury sera formé.

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