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Bientôt l'heure du verdict pour le candidat Roy Moore, visé par des allégations d'agression

La campagne sénatoriale qui déchire l'Alabama touche à sa fin lundi. Plombé par les sondages, Roy Moore, candidat républicain accusé d'inconduite sexuelle sur des mineures, s'est efforcé dimanche de présenter ce scrutin comme un référendum pour ou contre Donald Trump.

Depuis les premières accusations portées contre lui, Moore a vu son rival démocrate Doug Jones refaire une partie de son retard dans les intentions de vote en vue de la sénatoriale partielle de mardi.

Cette élection vise à remplacer Jeff Sessions, nommé secrétaire à la Justice au début de l'année.

Aujourd'hui âgé de 70 ans, Moore est accusé d'avoir agressé sexuellement ou d'avoir eu un comportement déplacé envers des adolescentes lorsqu'il était âgé d'une trentaine d'années.

Cet ancien magistrat, chrétien ultraconservateur, a démenti ces allégations et affirmé qu'il n'avait jamais rencontré ses accusatrices, dont une femme qui dit qu'il lui a fait des avances sexuelles quand elle avait 14 ans.

L’appui de Trump

« Si les électeurs de l'Alabama votent pour ce démocrate libéral de Doug Jones, ils voteront contre le président qu'ils ont porté aux plus hautes fonctions », a déclaré dimanche Dean Young, qui dirige la stratégie électorale du candidat républicain.

Il était inimaginable qu'un républicain puisse perdre une élection dans cet État, qui a plébiscité Donald Trump et n'a pas élu de sénateur démocrate depuis 1992. Mais la situation est telle que Donald Trump en a appelé lui aussi à la loyauté de ses partisans pour élire son candidat cette semaine.

« Nous avons besoin de Roy pour qu'il vote contre l'immigration clandestine, pour une défense plus forte et pour protéger le deuxième amendement et nos valeurs pro-vie », a dit le président américain dans un message téléphonique enregistré.

Le scrutin partiel dans cet État du Sud est d'autant plus important que les républicains ne disposent que d'une faible majorité au Sénat, avec 52 voix seulement contre 48 pour les démocrates.

Nombreuses controverses

Le mois dernier, le Washington Post publiait les révélations de cinq femmes qui soutiennent avoir été victimes d'abus de la part de Moore, au moment où il était procureur dans la trentaine. Ces femmes affirment qu'elles étaient mineures au moment des faits allégués.

Par la suite, le quotidien a rapporté les propos de quatre autres femmes disant avoir reçu, de la part de Moore, des avances sexuelles non sollicitées. L'une d'elles n'était âgée que de 14 ans à l'époque.

Roy Moore a été élu deux fois président de la Cour suprême de l'Alabama, une fonction dont il a été déchu deux fois : en 2003 pour avoir refusé de retirer d'un bâtiment judiciaire une statue en l'honneur des dix commandements, et en 2016 pour avoir défié la Cour suprême des États-Unis en refusant d'appliquer sa décision légalisant le mariage homosexuel.

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