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Bientôt un agent armé à l’aéroport de Québec

L'arrivée prochaine d'un centre de prédédouanement à l'aéroport de Québec obligera l'établissement à déployer au moins un agent armé.

D’après les informations d’Olivier Lemieux

Il s’agit d’une directive de Transport Canada. Chaque aéroport qui accueille un tel centre doit s’assurer qu’au moins un agent de sécurité armé est présent dans la zone de précontrôle, et ce, en tout temps.

Le ministère fédéral précise qu’il revient à chaque aéroport de déterminer si le niveau de risque requiert des agents armés supplémentaires. À titre d’exemple, l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau a conclu un partenariat avec le Service de police de la Ville de Montréal pour que des agents armés soient présents en permanence.

Sécurité revue

L'aéroport de Québec ne veut pas s'avancer sur les modifications qui seront apportées à la sécurité en vue de l'entrée en fonction du centre de prédédouanement, prévue en 2018. La direction de l'établissement précise que des pourparlers sont présentement en cours avec les autorités fédérales.

« Un centre de prédédouanement va certainement modifier la perspective en termes de sûreté à l’aéroport. Maintenant, on a des discussions avec Transport Canada. Il est trop tôt pour se prononcer sur ce sujet », explique le directeur des communications de l’aéroport de Québec, Mathieu Claise.

Une réflexion qui s’impose

Selon l’analyste en affaires policières, de terrorisme et sécurité intérieure Stéphane Berthomet, l’arrivée du centre de prédédounament devrait inciter l’aéroport de Québec à réfléchir à la possibilité de déployer des policiers armés sur son territoire.

Cette modification importante dans la nature de l’aéroport, dans ses missions, dans sa fréquentation par le centre de prédédouanement doit intervenir dans la réflexion qu’on mène sur les mesures de protection à mettre en place.

Stéphane Berthomet, analyste en affaires policières, de terrorisme et sécurité intérieure

L’analyste croit également que la présence de policiers armés augmenterait le sentiment de sécurité des usagers de l’aéroport.

« D’un point de vue de simple affichage, avoir des policiers armés à l’intérieur de l’aéroport serait un point positif pour les passagers qui vont transiter, qui vont avoir un sentiment de sécurité, pas toujours relié au réel, à la vraie sécurité, mais qui est quand même important dans une vision touristique de la chose », fait valoir l’expert.

Éviter la précipitation

Alors que l’attaque survenue vendredi à l’aéroport international de Fort Lauderdale, en Floride, soulève des questions sur les mesures de sécurité mises en place dans les aéroports du pays, notamment à Québec, Stéphane Berthomet insiste sur l’importance de ne pas réagir trop rapidement à la suite d’un événement semblable.

« En matière de sécurité et de prévention, il faut éviter de réagir à un incident de façon trop rapide. Il faut toujours évaluer ses propres paramètres et les propres conditions de la situation à laquelle on fait face plutôt que de s’inspirer directement d’un incident qui s’est passé à l’étranger. »

Stéphane Berthomet reconnaît néanmoins que l’attaque de vendredi interpelle les autorités aéroportuaires sur la nature des risques et le niveau de sécurité des systèmes actuellement en place.

« Il y a un point central, c’est la question de la riposte armée à une attaque possiblement armée. Je crois que c’est vraiment un point qui mérite qu’on s’y intéresse », affirme-t-il.

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