Retour

Bilan mitigé pour le projet de fusion des offices municipaux d'habitation

Il y a deux ans, Québec a demandé aux 538 offices d'habitation de la province de se regrouper pour offrir un meilleur service aux citoyens qui habitent leurs 75 000 HLM. Jusqu'à maintenant, seuls 17 projets de fusion ont vu le jour, ce qui est bien en deçà de l'objectif. L'enjeu sera débattu au congrès annuel du Regroupement des offices d'habitation du Québec (ROHQ) qui se tient jeudi et vendredi, à Québec.

Un texte de René Saint-Louis

L'objectif est de faire passer de 538 à 110 le nombre d'offices d'habitation. Ce chiffre correspond à peu près au nombre de municipalités régionales de comté (MRC), auquel on ajoute les grandes villes comme Montréal, Québec, Longueuil, Gatineau, Lévis, Trois-Rivières, etc.

Quand la décision a été prise, le projet faisait l'unanimité. Le ROHQ, la Fédération des locataires d'habitations à loyer modique du Québec (FLHLMQ) et la Société d'habitation du Québec l'appuyaient.

Le coordonnateur de la FLHLMQ, Robert Pilon, affirme que sur les 538 offices, au moins 490 sont tellement petits qu'ils n'ont qu'un seul employé à temps partiel et offrent donc une qualité de service « très broche à foin ».

Avec seulement 17 projets de fusion en cours, M. Pilon est déçu. Il croit que le processus de fusion bat de l'aile.

Il demande au ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, de profiter de son passage au congrès annuel du ROHQ pour faire savoir qu'il n'hésitera pas à décréter des fusions obligatoires.

Pas d'amélioration

Pour définir un projet boiteux, Robert Pilon donne l'exemple de la MRC du Roussillon, en Montérégie, où il y a six offices d'habitation.

Un projet de regroupement volontaire a été déposé par Mercier, La Prairie, Delson, Candiac et Sainte-Catherine. Une fois regroupés, ces offices pourraient gérer 117 HLM. Le projet exclut cependant la Ville de Châteauguay qui, à elle seule, compte 276 HLM.

La FLHLMQ demande donc au ministre Coiteux de refuser ce projet de fusion. Selon elle, même regroupé aux autres offices, le nouvel office d'habitation de la MRC du Roussillon ne pourrait avoir qu'un seul employé à temps complet et ne serait pas en mesure d'offrir de bons services.

De l'Abitibi à la Gaspésie, plusieurs projets de fusion manqueraient d'envergure. Selon la fédération, il faut atteindre une masse critique de 300 HLM pour être en mesure de réaliser la fusion.

Dans la MRC de Portneuf, par exemple, les 13 offices ont déposé un projet de fusion. Ensemble, ils pourraient gérer 375 HLM et pourraient avoir quatre employés à temps plein.

Les fusions se passent aussi plutôt bien dans le Centre-du-Québec, notamment à Drummondville et à Saint-Hyacinthe.

Pourquoi le processus de fusion est-il aussi lent? Selon le coordonnateur de la FLHLMQ, l'intérêt commun des locataires d'obtenir de meilleurs services pèse moins lourd que l'intérêt personnel de certains maires qui souhaitent contrôler leurs petits offices municipaux, en nommant la moitié des membres des conseils d'administration. « Souvent, ça pouvait être des boites à favoritisme et à patronage », conclut-il.

Un congrès pour en parler

Le congrès du ROHQ se déroule sous le thème « Au coeur de nos valeurs ». Pour sa directrice, Martine Lévesque, ce thème a été choisi pour discuter de la poursuite du travail des offices dans un contexte de changements organisationnels. Elle tient à rappeler que les employés des offices d’habitation travaillent avec l’une des clientèles les plus défavorisées du Québec.

Selon elle, il faut être patient avec ce processus de fusions, car les offices d'habitation sont des organismes qui ont chacun leur histoire. Ils ont souvent été fondés il y a environ 50 ans. Il y a donc un fort sentiment d'appartenance dans certains villages envers l'office d'habitation locale.

Martine Lévesque ajoute que les objectifs de la réforme organisationnelle sont partagés par tous les intervenants.

Pour ce qui est du cas précis de Châteauguay et des offices de la MRC du Roussillon, Martine Lévesque reconnaît que le projet n'est pas optimal. Le ROHQ aurait souhaité que chaque fusion puisse compter sur un parc immobilier d'au moins 300 HLM. Le gouvernement, de son côté, estime qu'un regroupement qui ne compte qu'une centaine de HLM est déjà un premier pas.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un policier danse en faisant la circulation





Rabais de la semaine