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Bilinguisme : deux sondages, deux portraits différents

Le Commissariat aux langues officielles (CLO) a publié mercredi les résultats d'un sondage mené par la firme Nielsen, affirmant qu'une « forte majorité de Canadiens sondés appuient les objectifs de la Loi sur les langues officielles ». Or les résultats d'un deuxième sondage, aussi mené par la firme Nielsen pour le compte du CLO, sont passés sous silence.

Un texte de Christianne Hacault

Selon les tableaux fournis par le CLO, qui ont été repris par de nombreuses associations francophones partout au Canada, le taux de soutien dépasse les 80 % partout au pays.

Or, des résultats obtenus grâce à un sondage en ligne sur le même sujet - aussi mené par la firme Nielsen pour le compte du CLO - dressent un portrait bien différent de l'appui régional aux objectifs de la Loi sur les langues officielles.

L'appui global aux objectifs de la Loi sur les langues officielles parmi les 1016 Canadiens qui ont participé au sondage en ligne est de 78 %, soit 10 points de pourcentage de moins que les 88 % du sondage téléphonique mis de l'avant par le CLO.

Les différences régionales sont encore plus importantes. En Alberta, par exemple, 62 % des personnes qui ont répondu au sondage en ligne appuient les objectifs de la loi, contre 90 % des répondants du sondage téléphonique.

Le résultat est semblable lorsqu'on compare les données régionales sur l'appui au bilinguisme : d'après le sondage téléphonique, plus de 80 % des résidents de l'Ouest sont en faveur du bilinguisme pour l'ensemble du Canada. Mais le sondage en ligne fait état d'un appui inférieur à 65 % dans ces 4 provinces.

Pourtant, l'infographie publiée par le Commissariat aux langues officielles et destinée à être partagée sur les médias sociaux fait uniquement état des résultats du sondage téléphonique.

Interrogé sur la raison pour laquelle le CLO avait choisi d'écarter les résultats obtenus lors du sondage en ligne, le commissaire Graham Fraser a rappelé que le sondage en ligne n'est pas « scientifiquement valable » parce qu'il a été mené auprès des membres d'un panel présélectionné.

« Il y a un écart de 10 points, mais c'est un écart à travers toutes les réponses, donc c'est cohérent », estime le commissaire. « C'est quand même un appui fortement majoritaire. »

Le commissaire aux langues officielles Graham Fraser, dont le mandat se termine en octobre, explique que ce sondage a été commandé afin d'obtenir un état des lieux pour que son successeur et le gouvernement fédéral puissent savoir quelles sont les attitudes des Canadiens face à ces dossiers.

Avec des informations de Pierre Verrière et Jacaudrey Charbonneau

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