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Bilinguisme et dualité : des anglophones à Moncton expriment leurs frustrations

Plusieurs personnes présentes à une réunion de l'Association pour les droits des anglophones du Nouveau-Brunswick, à Moncton, jeudi soir, ont dénoncé ce qui constitue selon elles des injustices.

La salle de l'aréna Kay était bondée. Environ 200 personnes étaient présentes. Les gens faisaient la queue dans le corridor pour entendre les quatre orateurs qui se sont succédé devant l'assemblée pour soutenir que la situation des anglophones au Nouveau-Brunswick est injuste.

Il a notamment été question de la dualité linguistique dans le transport scolaire et le système de santé, qui est insensée, selon des membres de l'Association. Ils disent que cela coûte trop cher et que la province n'en a pas les moyens. Certains ont aussi lancé qu'il fallait abolir le poste de la commissaire aux langues officielles.

Au coeur de la frustration se trouve l'inaccessibilité aux emplois de la fonction publique pour ceux qui ne parlent pas français, car ces emplois exigent le bilinguisme. Des membres de l'Association disent que cette injustice est la faute du gouvernement.

Sharon Buchanan, présidente de l'Association pour les droits des anglophones, explique que le gouvernement est à la source du problème, et non la communauté francophone. Elle affirme que les politiques et l'interprétation des politiques sont problématiques. Elle ajoute que le gouvernement refuse de reconnaître « son erreur » et d'en parler.

Le militant acadien Jean-Marie Nadeau réagit à ces propos.

« Bien, ce sont nos politiciens qui ne font toujours pas leur boulot. Il y a un manque de travail pour clarifier ce que rapporte aussi le bilinguisme. Je me disais: est-ce que ce ne serait pas le rôle de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick puisque le gouvernement ne veut pas le faire, d'avoir un observatoire justement? », se demande M. Nadeau.

Jean-Marie Nadeau ajoute que l'Association représente un certain groupe au sein de la communauté anglophone de la province, mais non la majorité.

Expulsés avec insultes

Un petit groupe de francophones présents à la réunion a dû quitter précipitamment les lieux, déplore Xavier Lord-Giroux, vice-président de la Société nationale de l'Acadie.

L'Association dit pourtant vouloir travailler avec les organismes acadiens pour améliorer la situation de tous les Néo-Brunswickois. Elle juge que ce sont les Acadiens qui refusent de collaborer avec elle jusqu'à maintenant.

L'Acadien Mario Rousselle, présent à la réunion, dit comprendre les revendications des membres de l'Association pour les droits des anglophones.

« Il y a beaucoup de points que j'étais d'accord avec. C'est surtout dû au gouvernement. Je pense que le problème est relié. Beaucoup de gens vont dire que c'est une association anti-francophone. Beaucoup des commentateurs ont dit que ce n'était pas ça. Je suis d'accord avec eux. La plupart des gens étaient quand même respectueux des francophones. C'est seulement qu'ils ont des problèmes et c'est au gouvernement de les aider », estime Mario Rousselle.

Des anglophones présents ont déclaré craindre que le gouvernement néo-brunswickois veuille faire en sorte que la province se joigne au Québec. Cette situation, ont-ils ajouté, ferait disparaître toute identité anglophone, néo-brunswickoise ou même acadienne.

Média froidement accueilli

L'équipe de Radio-Canada a eu de la difficulté à entrer dans la salle où se déroulait la réunion publique. Un homme disant faire partie des organisateurs s'est opposé à sa présence en expliquant que des personnes à l'intérieur ne souhaitaient pas être filmées.

L'organisation a fini par laisser entrer l'équipe en lui demandant de ne pas filmer la foule. Plusieurs personnes ont applaudi quand l'équipe est entrée.

Avec des informations de Pierre-Alexandre Bolduc

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