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Black Lives Matter d'Edmonton demande des comptes à la police

Le groupe Black Lives Matter d'Edmonton estime que la police cible tout particulièrement les personnes de couleur, même lors des contrôles routiers. Le groupe demande des réponses à ses questions et presse les policiers de prouver que la couleur de la peau ne les influence pas dans leur travail. 

Cette année, plusieurs dirigeants autochtones et des avocats de la défense des droits de la personne ont souvent dénoncé des arrestations faites en fonction de la couleur de peau.

Selon Reakash Walters, du groupe Black Lives Matter, il s'agit d'un problème récurrent.

De même, l'avocat Ahmed Abdulkadir a révélé que les jeunes de la communauté somalienne se plaignaient d'être arrêtés par la police sans raison, surtout lorsqu'ils conduisaient. 

La nécessité de fournir ces statistiques a également été mise de l'avant par une équipe des Nations unies qui s'est rendue à Halifax, à Ottawa, à Toronto et à Montréal plus tôt ce mois-ci afin d'étudier le racisme en rencontrant des personnes d'origine africaine.

« Il y a un sérieux manque de données et de recherches fondées sur l'origine ethnique qui pourraient informer davantage et préparer des moyens de prévention, d'intervention et de développement de stratégies pour les Canadiens d'origine africaine », ont écrit les auteurs du rapport. 

Ils notent également que le profilage ethnique est utilisé de façon presque systématique dans les stratégies et la pratique de la loi. 

Reakash Walters pense pour sa part que la police d'Edmonton pourrait améliorer la relation de confiance avec la communauté africaine si elle acceptait de recueillir des données sur ces arrestations jugées arbitraires.

La police d'Edmonton n'a pas souhaité commenter, mais un porte-parole a assuré que les policiers ne faisaient pas du profilage ethnique lors des contrôles dans la rue.

Une déclaration appuyée par Sarmad Rasheed, qui travaille avec l'organisme Racism Free Edmonton. Selon lui, il n'y a aucune preuve que la police edmontonienne contrôle l'identité des personnes en fonction de la couleur de leur peau. 

Lui qui travaille avec des communautés syrienne, irakienne et africaine, se dit content du travail fait par les policiers, qu'il trouve proche des jeunes et prêts à établir des partenariats pour améliorer les rapports de confiance. 

Il y a un an, la ministre de la Justice, Kathleen Ganley, avait fait savoir que ni la province ni la commission du Service de police ou la police d'Edmonton elle-même n'avaient fait part de plaintes concernant le profilage ethnique. 

Reakash Walters a déclaré que son groupe envisage de soulever la question avec la ministre et d'entendre ce que la police aura à dire à ce propos. Elle ajoute que c'est normal que les personnes concernées n'aient pas déposé de plaintes auprès des policiers qui sont en cause.

Avec des renseignements d'Andrea Huncar, CBC News

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