Soupçonné de mauvaise gérance et d'avoir versé 2 millions de francs suisses (2,7 M$CA) de façon déloyale à Michel Platini, Sepp Blatter devra faire face à la justice.

Le procureur suisse a indiqué que le président sortant de la FIFA était visé par une procédure pénale pour « gestion déloyale » et « abus de confiance ».

Vendredi, des enquêteurs ont « auditionné Joseph Blatter en qualité de prévenu » et « en parallèle, Michel Platini a été entendu en qualité de personne appelée à donner des renseignements », a précisé le communiqué de la justice suisse.

Président de la FIFA depuis 1998, Blatter, qui avait remis son mandat à disposition jusqu'à de nouvelles élections le 26 février, est soupçonné par le ministère public suisse « de gestion déloyale et, subsidiairement, d'abus de confiance ».

Blatter est tout d'abord accusé d'avoir « signé un contrat défavorable à la FIFA avec l'Union caribéenne de football (CFU), dont Jack Warner était le président. En clair, Sepp Blatter aurait vendu très en dessous de la valeur marchande les droits de diffusion télé des Coupes du monde de 2010 et 2014 au sulfureux Warner (dont le nom revient dans tous les dossiers) en 2005, comme l'avait révélé le 12 septembre la chaîne de télévision suisse SRF.

Mais il est également « reproché à Joseph Blatter un paiement déloyal de 2 millions de francs suisses en faveur de Michel Platini au préjudice de la FIFA, prétendument pour des travaux effectués entre janvier 1999 et juin 2002 ». Platini était alors le conseiller de Blatter. « Ce paiement a été exécuté en février 2011 », souligne la justice suisse, sans donner plus de détails et préciser donc la nature de ces travaux.

La FIFA coopère avec la justice

Plus tôt , Blatter devait prendre la parole à 14 h (8 h HAE) à l'issue du comité exécutif de la FIFA, réuni depuis jeudi au siège de l'instance à Zurich.

Mais l'intervention du Suisse de 79 ans a été reportée une première fois à 15 h avant d'être purement et simplement annulée, alors que 150 journalistes du monde entier étaient accrédités pour l'événement.

Pendant que les journalistes attendaient en vain devant le siège de la FIFA, la justice suisse procédait, avec la police, à une perquisition au siège de la fédération, et particulièrement au bureau du président Blatter. Des « données ont été saisies », a juste commenté le ministère public suisse, avant de conclure : « Comme tout prévenu, Joseph Blatter est présumé innocent. »

La FIFA s'est contentée d'indiquer dans un communiqué « coopérer avec la justice suisse depuis le 27 mai », et ne pas vouloir faire « d'autre commentaire tant que des enquêtes sont en cours ».

Cette nouvelle déflagration judiciaire au sommet du soccer mondial intervient une semaine après la dernière secousse. Le secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke, avait été relevé de ses fonctions, accusé par la presse britannique, sur dénonciation d'un consultant de l'instance mondiale, d'avoir touché des commissions sur une revente de billets au marché noir.

Jeudi, la justice suisse avait obtenu « sous conditions » de la FIFA le déblocage et la livraison des courriels de Valcke, pièce centrale des allégations.

Puis vendredi, la justice trinidadienne a fixé au mercredi 2 décembre la date de l'audience sur l'extradition aux États-Unis de Jack Warner. L'ancien vice-président de la FIFA fait partie des dirigeants de la FIFA impliqués dans le scandale de corruption qui éclabousse la fédération internationale.

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