Retour

Bond des inscriptions à la commission sur les femmes autochtones disparues et assassinées

Le nombre de personnes inscrites auprès de la commission est passé de 400 à 735, en trois semaines. Une donnée sur laquelle les commissaires ont insisté lors de leur témoignage devant un comité parlementaire à Ottawa. Mais les audiences de ce comité ont permis de démontrer que des inquiétudes persistent au sujet du déroulement de l'enquête.

Un texte de Madeleine Blais-Morin

Pendant longtemps, les partis à Ottawa ont été divisés sur la question d'une enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. L'ancien gouvernement Harper n'en voulait pas alors que Libéraux et le NPD en réclamait une à grands cris.

Or, en comité parlementaire, ce sont les questions d'une députée néo-démocrate qui étaient les plus chargées de critiques au sujet du déroulement de l'enquête.

Georgina Jolibois, une députée néo-démocrate du nord de la Saskatchewan, a déploré que dans sa circonscription, seulement quatre familles étaient inscrites auprès de la commission cet été.

« Nous avons plus que quatre femmes disparues ou assassinées dans le Nord », a mentionné Mme Jolibois. À la sortie du comité, la députée a ajouté que la commission d'enquête ne sait pas qui sont les familles touchées.

La commissaire Michèle Audette a insisté de son côté sur les progrès accomplis.

« Lorsque nos équipes se sont déplacées à partir du mois de juillet jusqu'à récemment, on est allé dans des territoires où jamais il n'y a eu des enquêtes ou des équipes avec des mandats du genre », a-t-elle rappelé.

Elle croit que le message commence à passer. Les 735 inscriptions en témoignent, selon elle.

Le rapport provisoire

Les commissaires doivent présenter un rapport provisoire cet automne et un rapport final d'ici la fin 2018.

Mais les commissaires comptent demander une prolongation de leur mandat, sans encore préciser de combien de temps ils auront besoin. Marion Buller prévoit qu'à la fin de la présente année financière, 75 % du budget de 54 millions de dollars aura été dépensé.

Pour préparer ce document intérimaire, une centaine de rapports sur la violence contre les femmes et les filles autochtones ont été étudiés.

La commissaire en chef Marion Buller note que ces études identifient certaines causes de la vulnérabilité de ces femmes, notamment « l'extrême pauvreté, l'isolement géographique, le manque d'instruction adéquate, les impacts intergénérationnels des pensionnats autochtones ».

Les audiences dans les communautés reprennent la semaine prochaine à Smithers en Colombie-Britannique.

Plus d'articles

Commentaires