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Bourse, pétrole et déficit : une quatrième semaine de campagne dominée par l'économie

Au début de la semaine, les soubresauts des marchés mondiaux, le dollar canadien sous la barre des 75 ¢US et le baril de pétrole sous la barre des 40 $ auraient pu être de mauvais augure pour le chef conservateur Stephen Harper. Mais au contraire, il voulait tellement parler d'économie qu'il se posait lui-même des questions.

Une analyse de Manon Globensky

La semaine lui a fourni plus d'une occasion pour renforcer son message de stabilité. Il a même rendu public le fait qu'il avait appelé le gouverneur de la Banque du Canada pour discuter de l'incertitude mondiale et n'a pas hésité à se servir de cet appel dans son discours partisan.

À ça, ses adversaires libéraux et néo-démocrates ont répondu en soulignant la précarité des emplois créés, le fait que le budget équilibré ne l'est probablement pas, surtout en raison de la chute des prix du pétrole. Le leader du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a critiqué une fois de plus le choix de M. Harper de mettre tous ses œufs dans le panier « pétrole ».

Justin Trudeau et le pari du déficit

Le chef libéral, Justin Trudeau, qui tente toujours de distinguer son parti du NPD comme représentant du changement ou comme alternative aux conservateurs, a misé gros en se saisissant du débat - qui a dérivé vers les mérites de l'équilibre budgétaire - pour asséner un gros coup. Selon lui, pour permettre la croissance économique, les libéraux auront des déficits pendant encore trois ans.

Il est beaucoup trop tôt pour savoir comment la manœuvre va être accueillie. Par contre, ça a beaucoup inspiré Stephen Harper qui, lors d'un discours à Hamilton, a beaucoup fait rire ses partisans en tournant en dérision ce plan de « trois petits petits déficits ».

Depuis le début de la campagne, c'est certainement le moment où Stephen Harper a été le plus animé. Pour lui, dépenser pour corriger le ralentissement n'est pas un plan.

L'ancien premier ministre libéral Paul Martin est apparu deux fois cette semaine aux côtés de Justin Trudeau, pour donner du coffre à son plan d'investissement en infrastructures. Il a rétorqué à Stephen Harper qu'il pouvait bien se moquer de la notion de déficits, lui qui est le « roi des déficits ».

Rappelons que M. Harper a déposé un budget équilibré pour la première fois en neuf ans cette année. Mais après son arrivée au pouvoir en 2006, il a dû composer avec la crise économique et financière de 2008.

Mulcair, au coeur du débat

Et que dire de Tom Mulcair, qui a été au cœur du débat? Finalement, sur ces questions d'équilibre budgétaire, on peut enfin distinguer trois approches bien différentes des principaux partis.

Celle du NPD? Avoir un budget équilibré en annulant certains choix budgétaires de M. Harper et ainsi financer ses propres promesses. Justin Trudeau a qualifié cette approche d'austérité, Gilles Duceppe, du Bloc québécois, aussi.

M. Mulcair n'a pas l'intention de se laisser doubler à gauche par qui que ce soit. En terminant sa semaine à Montréal dans une circonscription où son candidat Jim Hugues est un militant social bien connu, le leader néo-démocrate a répliqué aux libéraux et à Paul Martin que c'était ce dernier le roi de l'austérité. L'ancien premier ministre libéral a imposé d'importantes réductions aux transferts aux provinces et aux programmes de logement social mis en place dans les années 90 pour revenir à l'équilibre budgétaire.

Et pour ceux qui pensent qu'il impose une approche centriste au NPD, Thomas Mulcair a dit haut et fort que son parti est social-démocrate et membre de l'internationale socialiste.

Le procès Duffy aux oubliettes

Avec tout ça, qui se souviendra qu'il y a aussi eu au début de la semaine des audiences au procès du sénateur Mike Duffy? Des audiences qui sont maintenant ajournées jusqu'en novembre.

Ça a été beaucoup moins instructif que la semaine dernière. Le témoin Chris Woodcock, ancien directeur de la gestion des enjeux au bureau du premier ministre, a tenté de banaliser son rôle dans l'affaire.

Les gens peuvent se poser de sérieuses questions sur la qualité des collaborateurs de M. Harper, puisque M. Woodcock non plus ne lisait pas tous ses courriels ou il les lisait partiellement. Et surtout, il ne lisait pas la ligne qui mentionnait que Nigel Wright paierait les dépenses excessives de M. Duffy à sa place, même dans un courriel qui était seulement adressé à lui.

Ce qui a été le plus étonnant, c'est de voir l'un des successeurs de M. Woodcock à la gestion des enjeux s'entretenir avec lui dans les couloirs du palais de justice, alors qu'il était toujours sous serment. Le Bureau du premier ministre et le Parti conservateur ont continué de tout vouloir gérer, même dans le box des témoins.

La chronique radio de Manon Globensky 

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