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BP Canada déverse 136 000 litres de boue toxique au large d'Halifax

BP Canada a indiqué, vendredi soir, être responsable d'un déversement de fluides de forage survenu sur l'une de ses plateformes d'exploration de gisements pétroliers au large des côtes de la Nouvelle-Écosse.

La fuite, survenue sur la plateforme de forage West Aquarius, située à 330 kilomètres d'Halifax, a été maîtrisée vendredi.

L'Office Canada-Nouvelle-Écosse des hydrocarbures extracôtiers fait état d'une « estimation préliminaire » établissant à 136 000 litres le volume de fluides de forage ayant fui d'une conduite.

La substance en question est une boue utilisée pour lubrifier les tiges de forage et contrôler la pression.

L'entreprise indique que le liquide s'est répandu dans l'océan en provenance de conduites situées environ 30 mètres sous le niveau de la mer.

L'entreprise « prend l'incident très au sérieux et l'enquête continue pour en comprendre la cause », a déclaré la directrice régionale de BP Canada, Anita Perry. Une défaillance mécanique pourrait être à l'origine de l'incident, a-t-elle précisé.

Ce genre d'événement n'est pas fréquent, a poursuivi la représentante de BP, et l'entreprise possède un plan en place pour contrôler les déversements. Elle avance en outre qu'une évaluation des risques environnementaux aurait été effectuée avant le début des opérations de forage.

« Nous n'avons pas trouvé de coraux ou d'espèces qui pouvaient subir des torts. Nous ne croyons donc pas qu'il y aura des dégâts », a précisé Mme Perry.

Les opérations de forage ont tout de même été suspendues jusqu'à la fin de l'enquête.

Groupes environnementaux inquiets

Pour Angela Giles, organisatrice de la région atlantique du Conseil des Canadiens, une organisation environnementale sans but lucratif, ce genre de déversement est exactement ce que l'on craignait.

« Si les boues de forage sont largement différentes du pétrole, il s'agit d'une preuve de la dangerosité de cette industrie », affirme-t-elle.

L'événement se serait produit dans une zone à risque située non loin de la zone de protection marine du Gully et de l'Île de Sable.

« Selon ce que nous comprenons des boues, celles-ci se répandent sur le fond océanique et le recouvre. Toute forme de vie qui s'y trouve n'y résiste pas », mentionne Mme Giles.

De son côté, l'Ecology Action Centre a exigé par communiqué que les activités de forage soient mieux encadrées et a dit craindre que BP et l'Office Canada-Nouvelle-Écosse des hydrocarbures extracôtiers ne tentent de réduire l'importance du déversement.

L'organisation environnementale réclame un moratoire sur l'exploration pétrolière et gazière en Nouvelle-Écosse.

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