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Brad Wall demande de suspendre l'accueil de 25 000 réfugiés syriens

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, demande à Justin Trudeau de suspendre l'accueil de 25 000 réfugiés syriens prévu pour d'ici la fin de l'année et de réévaluer son plan.

Brad Wall s'inquiète pour la sécurité du pays qui, selon lui, pourrait être minée par l'accélération du processus de sélection des réfugiés syriens.

« Les attaques récentes à Paris sont un rappel de la mort et la destruction que même un petit nombre d'individus mal intentionnés peuvent infliger à un pays en paix et à ses citoyens », a-t-il dit dans une lettre adressée à M. Trudeau.

La Saskatchewan espère voir un redoublement des mesures de sécurité et de sélection des réfugiés, dit M. Wall.

Le premier ministre saskatchewanais souligne comprendre que la grande majorité de ces réfugiés fuient la guerre et la violence, mais indique que « même si un petit nombre de personnes qui veulent faire du mal dans notre pays parviennent à entrer au Canada grâce à un processus accéléré d'accueil des réfugiés, les résultats pourraient être dévastateurs ».

La promesse d'accueillir 25 000 réfugiés syriens est une promesse électorale, mais « les Canadiens comprendront si vous suspendez cet engagement pour le moment dans l'intérêt de la sécurité des Canadiens », selon Brad Wall.

Brad Wall veut discuter du plan d'accueil des réfugiés lors de la rencontre des premiers ministres prévue pour le 23 novembre afin de savoir comment le gouvernement fédéral prévoit empêcher des terroristes de l'État islamique d'entrer au pays.

Un risque qui n'est pas nouveau

Selon le professeur agrégé à l'École Johnson Shoyoma de l'Université de Regina, Bruno Dupeyron, il y a effectivement un risque à accueillir des réfugiés, mais le Canada prend des risques tous les jours estime l'expert.

« Quand on fait venir des marchandises par cargo entier, combien sont vérifiés? De combien sommes-nous en mesure de contrôler l'origine et le contenu? », a-t-il dit en entrevue plus tôt lundi matin, avant la déclaration de Brad Wall.

Le Canada est une société ouverte et démocratique, rappelle M. Dupeyron. Si le pays veut éviter les risques liés au terrorisme, il faut choisir un état policier et complètement militarisé, évalue le professeur.

Il ajoute que le travail de vérification est très complexe, notamment parce que la grande majorité des réfugiés proviennent d'États défaillants et que les informations sur ces personnes sont difficiles à obtenir.

Bruno Dupeyron indique qu'il n'est pas possible de faire des enquêtes d'un à deux ans, vu l'urgence de la situation. Il faut donner des ressources supplémentaires aux forces de police et de renseignement, mais ce ne sera pas en vigueur dans l'immédiat, estime-t-il.

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