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Brexit : quel avenir pour l’accord de libre-échange Canada-UE?

À la suite du vote pour le Brexit, Jean Charest exhorte Ottawa et Québec à se mobiliser pour faire ratifier l'accord économique et commercial d'échange global (AECG) avec l'Union européenne (EU) « le plus vite possible, avant que d'autres imprévus arrivent ». Pour certains experts, la sortie du Royaume-Uni sonne le glas de cette entente de libre-échange.

En entrevue à Radio-Canada, l'ancien premier ministre du Québec et initiateur de l'AECG a affirmé qu'après sept ans de négociations, il est temps de conclure cet accord avec les 28 pays européens. Le Canada et l'UE espéraient le faire appliquer d'ici les premiers mois de 2017.

Selon lui, l'accord permettrait au Canada de devenir la « grande porte d'entrée pour les Amériques », ainsi qu'une « voie de passage pour les entreprises qui veulent investir au Canada tout en ayant un accès à l'Europe ».

Pour sa part, le délégué général du Québec à Londres, Christos Sirros, croit que l'entente pourrait être entérinée à l'automne. « À partir de ce moment-là, on aura deux régimes : un avec le Royaume-Uni qui sera géré sous les règles de l'Organisation mondiale du commerce [OMC], l'autre avec l'UE et l'entente de libre-échange qu'on aura négociée », analyse-t-il. Une façon de faire qui pourrait bien compliquer la vie des entreprises.

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L'Europe pourrait bien être surchargée avec les longues négociations de divorce et cela pourrait nuire à l'AECG, pense Gordon Campbell, haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni.

La sortie du Royaume-Uni soulève certaines questions sur la pérennité du groupe des 28 pays et, conséquemment, sur l'accord, souligne pour sa part Fen Hampson, expert en politique étrangère du Centre for International Governance Innovation de Waterloo, en Ontario.

« Est-ce que les pays restants de l'Union européenne considèrent que le commerce canadien a suffisamment de valeur pour eux pour aller de l'avant avec cet accord? Combien de temps faudrait-il au Canada pour rapiécer une entente bilatérale avec le Royaume-Uni inspirée de l'AECG? » demande Christopher Sands, directeur du centre d'études canadiennes de la Johns Hopkins School of Advanced International Studies, dans une analyse publiée vendredi.

Les deux experts s'entendent pour dire que le premier ministre David Cameron, qui a annoncé sa démission vendredi matin, était un allié important du Canada lors des négociations pour l'AECG.

Les Britanniques ont aidé à lever les derniers obstacles dans les négociations. Ils ont notamment rassuré l'Allemagne et la France au sujet des mécanismes de règlement de disputes, qui menaçaient de faire sauter l'accord, après la signature de l'entente de principe en 2014, a ajouté M. Hampson.

La ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, a mentionné par communiqué avoir discuté de l'AECG vendredi avec la commissaire au commerce de l'UE, Cecilia Malstrom.

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