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Bruit des avions : des Montréalais intentent un recours en justice

Des citoyens de l'île de Montréal qui vivent sous les couloirs aériens se tournent vers les tribunaux pour tenter de faire réduire le bruit des avions qu'ils jugent de plus en plus dérangeant. 

Un texte de Thomas Gerbet

De Dorval à Saint-Michel, en passant par Ahuntsic, des résidents se plaignent de ne plus s'entendre et d'être réveillés la nuit par les décollages et les atterrissages à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Selon les informations de Radio-Canada, ils annonceront aujourd'hui le lancement d'un recours en justice contre « des autorités », vraisemblablement contre Aéroports de Montréal (ADM) et Nav Canada, responsable de la gestion du trafic aérien. 

C'est l'avocat Gérard Samet qui est chargé du dossier pour le compte du regroupement baptisé Les Pollués de Montréal-Trudeau. « Ils considèrent que le bruit enregistré dans la ville est excessif, même à 15 kilomètres des pistes, dans le quartier Saint-Michel. », explique-t-il. Aujourd'hui, nous avons suffisamment de données et de documentation pour faire un recours. »

« Il y a de plus en plus de gros porteurs. », déplore-t-il. « Même s'ils sont moins bruyants dans les airs, ils sont très bruyants proche du sol. Et il y a de nouveaux secteurs survolés à Montréal, depuis quelques années. », ajoute l'avocat.

Les Pollués de Montréal-Trudeau affirment avoir enregistré des pointes de bruit à 85 décibels dans des secteurs résidentiels de Montréal. Ces mesures ont été réalisées à partir de dix stations installées par le regroupement. Selon l'Organisation mondiale de la santé, les citadins ne devraient pas être exposés à plus de 55 dB. La norme canadienne est fixée à 65, soit l'équivalent du bruit le plus fort que les résidents de Saint-Lambert entendaient lors des concerts au parc Jean-Drapeau. 

Les appareils de mesure de fabrication allemande permettent d'isoler le bruit uniquement de source aéronautique. 

Bataille de chiffres

« Tout l'objet du litige que nous allons engager est fonction des données qui ont été enregistrées et qui montrent l'intensité du bruit », analyse l'avocat Gérard Samet. Les mesures publiées par Aéroport de Montréal dans son rapport annuel 2015 sont en effet différentes.

Aéroports de Montréal considère que l'interprétation des résultats exige de tenir compte de différents facteurs, dont celui de l'atténuation du bruit par les bâtiments, en retranchant 21 décibels. 

Le rapport annuel d'ADM indique par ailleurs que le nombre de mouvements d'aéronefs est stable ces dernières années. L'an dernier, il y en a eu 232 648, soit une moyenne de 637 par jour. C'est un peu moins qu'en 2013. En revanche, le nombre de passagers a presque doublé en 15 ans. L'an dernier, plus de 15 millions de personnes ont atterri ou décollé à Montréal-Trudeau. Les avions sont donc plus gros ou tassent plus leurs passagers.

Les Pollués de Montréal voudraient qu'un véritable couvre-feu soit établi la nuit, à partir de 23 h jusqu'à 7 h. Actuellement, des avions plus petits continuent d'utiliser l'aéroport 24 heures sur 24 et les gros peuvent le faire en théorie jusqu'à 1 h.

Des solutions?

« Un certain nombre de solutions ont été trouvées dans des aéroports, notamment européens », fait valoir Gérard Samet. La trajectoire et le type de descente peuvent être ajustés pour limiter le survol des zones peuplées. C'est le cas à l'aéroport Heathrow de Londres, par exemple.

En 2014, un citoyen de Montréal et un pilote de Boeing 747 ont déposé à la Ville de Montréal un document pour défendre une approche en descente continue, plutôt qu'un survol de zones à forte population à basse altitude, sur plusieurs kilomètres. L'avocat des Pollués de Montréal demande aussi d'explorer la possibilité d'utiliser l'aéroport de Mirabel, en complément de celui de Dorval. 

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