C'est un budget fédéral que les municipalités d'un bout à l'autre du pays attendent avec impatience. Les libéraux de Justin Trudeau ont promis d'investir 60 milliards de dollars dans les travaux d'infrastructures au cours des 10 prochaines années.

Un texte de Philippe Leblanc

Cet argent servira à effectuer des travaux trop souvent reportés ou négligés.

À Toronto, les priorités sont le logement abordable et le transport en commun. Exemple frappant à quelques pas du centre-ville de Toronto : des maisons en rangée sont placardées, en train de pourrir. Elles sont condamnées depuis déjà huit ans. Ces logements abordables construits par la Ville au début des années 1960 font peur aux résidents du quartier.

« Ça sent la moisissure, c'est infect, dit Angela Hartford, qui marche régulièrement tout près de ces maisons condamnées. Ça attire tout plein d'animaux indésirables. »

En raison du manque de fonds pour l'entretien et les rénovations, l'eau s'est infiltrée dans le toit, les murs et les fondations de ces habitations à loyer modique. Plutôt que de les démolir, la Ville de Toronto espère encore les rénover.

Les coûts moyens des réparations par unité sont considérables. Ils sont estimés à 60 000 $. En ce moment, 400 habitations sont considérées comme inhabitables et 7500 autres risquent d'être condamnées si la Ville n'agit pas rapidement.

Toronto a bien lancé, il y a trois ans, un programme tripartite de rénovation des logements abordables de 2,6 milliards de dollars. Jusqu'à maintenant, elle est seule à y avoir injecté des fonds, et sans aide du fédéral, les travaux devront ralentir considérablement au début de l'année prochaine.

De l'aide attendue pour le transport en commun

L'autre grande priorité à Toronto, c'est la remise à niveau du réseau de transport collectif. Les travaux ont longtemps été négligés, selon Josh Colle de la Toronto Transit Commission, parce qu'on ne peut pas les souligner par de belles cérémonies d'inauguration prisées par les politiciens.

Il nous entraîne dans la station de métro Yorkdale qui n'est pas accessible aux personnes à mobilité réduite. Elle devra l'être d'ici 2025, selon la loi ontarienne. Il faudra donc installer un ascenseur, ce qui coûtera plusieurs millions de dollars.

« Des milliers de kilomètres de rails et des centaines de panneaux de signalisation devront aussi être remplacés, ajoute Josh Colle. Ils sont usés par le temps et nous forcent à réduire la vitesse des trains et le nombre de wagons que nous pouvons utiliser. »

C'est sans compter que la flotte vieillissante d'autobus doit aussi être modernisée. La Ville de Toronto n'a pas d'argent pour le faire seule.

Un demi-million d'usagers utilisent le transport collectif à Toronto chaque année, mais ce nombre a chuté pour la première fois en 10 ans cette année en raison de la piètre fiabilité du réseau.

Les attentes envers le budget fédéral qui pourraient contenir des fonds pour améliorer le réseau sont donc élevées à Toronto.

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