Retour

C. difficile : le personnel dans la majorité des hôpitaux du Québec ne se lave pas les mains quand il le faut

Une enquête de Radio-Canada révèle que la plupart des hôpitaux québécois n'atteignent pas les cibles d'hygiène des mains. Le lavage des mains par les travailleurs de la santé est pourtant l'une des plus importantes mesures à prendre afin de prévenir la propagation de bactéries, comme le Clostridium difficile, et de contrôler les infections acquises en milieu hospitalier.

Un texte de Gino Harel de l'émission Enquête

Au Québec, les hôpitaux vérifient les pratiques d'hygiène des mains des membres de leur personnel. Au terme de six mois de recherches et de demandes d'accès à l'information, Enquête a compilé les résultats fournis par 95 établissements de santé de la province. Le tableau ci-dessous présente leurs taux de conformité à l'hygiène des mains.

Pour consulter la carte sur votre appareil mobile, cliquez iciEt pour consulter notre méthodologie, cliquez là.

Plus de 3400 cas de C. difficile en 2014-2015

Les hôpitaux québécois mènent régulièrement des campagnes de sensibilisation à l'hygiène des mains et multiplient les mécanismes de prévention et de contrôle des infections. Malgré ces mesures, les infections dues à des bactéries comme le C. difficile se comptent encore par milliers chaque année au Québec.

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) surveille aujourd'hui de nombreux types d'infections nosocomiales. En 2004, une importante épidémie de Clostridium difficile au Québec a braqué les projecteurs sur cette bactérie et a provoqué plusieurs changements dans les systèmes de prévention et de contrôle des infections en milieu de soins.

Les taux d'incidence de diarrhées à Clostridium difficile (DACD) se sont depuis stabilisés, pour atteindre en 2014-2015 le plus bas des cinq dernières années. Néanmoins, au cours de cette même année, le Québec dénombrait 3453 cas de C. difficile acquis dans ses hôpitaux.

L'INSPQ surveille aussi l'évolution des patients, pour déterminer combien d'entre eux meurent dans les 30 jours suivant le diagnostic de C. difficile. L'an dernier, ce nombre était de 547. Cela ne signifie pas pour autant que tous ces décès étaient nécessairement attribuables au C. difficile.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

L'ABC de l'hygiène des mains

Les responsables de la prévention et du contrôle des infections en milieu hospitalier rappellent que l'hygiène des mains doit être pratiquée à quatre moments clés :

  1. avant d'entrer en contact avec le patient ou son environnement;
  2. avant une intervention aseptique;
  3. après un risque de contact avec des liquides organiques;
  4. après le contact avec le patient ou son environnement.

La plupart des établissements de santé vérifient la conformité aux quatre étapes, mais ils compilent surtout leurs résultats pour les moments 1 (avant contact) et 4 (après contact).

Au CHU de Québec, Valérie Dancause, adjointe à la directrice des Soins infirmiers, nous a démontré qu'on ne se lave pas toujours les mains de la bonne manière. Elle nous rappelle aussi qu'il faut se laver les mains, même après le retrait de gants de protection.

Québec constate tout de même des améliorations

À Québec, la ministre responsable de la Santé publique dit constater une amélioration dans les pratiques d'hygiène des mains du personnel des hôpitaux présentement.

Pour l'instant, la ministre n'envisage pas de faire publier les taux de conformité à l'hygiène des mains des hôpitaux.

De son côté, le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, verrait d'un bon œil que soient publiés les taux de conformité à l'hygiène des mains des hôpitaux.

Privilégier les chambres individuelles

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a publié cette année son plan d'action sur la prévention et le contrôle des infections nosocomiales. Le plan 2015-2020 détaille plusieurs mesures ciblées. Parmi celles-ci, la surveillance, l'hygiène et la salubrité, l'antibiorésistance, les pratiques exemplaires et le volet immobilier.

On veut notamment éliminer les chambres à plus de deux lits avec salle de toilette partagée. En effet, les experts estiment que plus il y aura de chambres individuelles dans nos hôpitaux, plus cela facilitera le combat contre les infections nosocomiales.

Au Québec, 29,6 % des lits d'hospitalisation (soins de courte durée) sont en chambres individuelles. Près de 50 % sont en chambres à occupation double. Les autres lits, qui représentent environ 20,5 %, se trouvent en chambres à occupation multiple. Ces statistiques du ministère de la Santé et des Services sociaux datent de septembre 2014. Elles incluent les lits en chambres individuelles des projets en phase « exécution », tenant compte donc de ceux du CUSM, du CHUM et d'autres projets majeurs en exécution.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine